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40 ans de la Région : Quelle économie pour demain ?

Dans la continuité des célébrations des 40 ans de la Région Réunion, la collectivité régionale a organisé ce mardi, en partenariat avec le CESER, un colloque au MOCA ayant pour thèmes les défis économiques et sociaux que La Réunion aura à surmonter dans les prochaines années.

Ecrit par S.I. – le mardi 28 novembre 2023 à 18H48

Ce colloque, qui a réuni aussi bien des économistes, des institutionnels mais aussi des chercheurs, a permis tout d’abord de faire une rétrospective approfondie sur les grandes mutations économiques et sociales subies par l’île ces dernières décennies, notamment depuis 1983, avant d’explorer les perspectives aux défis futurs auxquels La Réunion fera face. Ce colloque a notamment pour but pour la présidente de Région, Huguette Bello, « de dire notre réalité d’aujourd’hui et tracer des perspectives pour l’avenir » :

Hai Quang Ho, économiste et maître de conférences en sciences économiques, a notamment fait un focus sur la transition du modèle économique réunionnais, passant au lendemain de la départementalisation de 1946 d’une économie de plantation à une entrée de plain-pied dans une économie de marché, et de surcroît, mondialisée. Le directeur de l’Iedom, Philippe La Cognata, est quant à lui revenu sur les évolutions structurelles, en se focalisant notamment sur l’alignement des minima sociaux avec l’Hexagone, la mise en place de la loi de défiscalisation ou les transferts publics de l’État et de l’Europe « qui ont permis de créer l’administration publique du territoire », explique-t-il. Des fonds qui ont notamment permis la construction d’infrastructures telles que la piste longue de Gillot, l’aéroport Roland-Garros, le Grand Port maritime ou d’entretenir la Route du Littoral. Un cycle qui touche aujourd’hui à sa fin, estime le patron de l’Iedom, qui parle de « fin des 30 Glorieuses réunionnaises ».

« En regardant dans le rétroviseur, on voit une Réunion qui s’est énormément développée, modernisée avec de belles infrastructures, une santé et une éducation de bon niveau. Mais on voit quand même que 35% de la population vivent en-dessous du seuil de pauvreté, que 17% des Réunionnais sont encore au chômage, sans oublier que le RSA et les allocations occupent encore une place importante dans les revenus », lance tout d’abord Philippe La Cognata. Mais face à ces défis, La Réunion possède déjà toutes les cartes en main pour y faire face assure-t-il, « en s’appuyant par exemple sur son attractivité ou sur sa jeunesse bien formée ». À condition bien sûr de réduire en amont les inégalités « entre une partie de la population aisée et l’autre partie déshéritée et qui vit d’expédiants sociaux ».

Un point partagé par Jean-François Hoarau, professeur de sciences économiques à l’Université de La Réunion. Ce dernier estime néanmoins que La Réunion devra impérativement internationaliser son économie, en s’intégrant davantage dans son bassin géographique. Il s’explique : « On est toujours centré sur le marché français et européen alors que certains de nos produits qui sont déjà d’une bonne qualité pourraient peut-être être vendus sur d’autres marchés qui sont pour l’heure inexploités. On ne doit pas se limiter aux petites îles environnantes mais aller explorer la côte Est africaine ou le Moyen-Orient ». Jean-François Hoarau plaide par ailleurs pour une économie circulaire « où les déchets des uns deviendraient des ressources pour les autres », via une meilleure synergie entre les différentes industries.

Sur ces différentes pistes d’investigation, notamment sur l’intégration régionale, Jean-François Hoarau estime qu’une évolution statutaire de La Réunion vers son autonomie (« et non l’indépendance », tient-il à préciser) est indispensable afin de jouer d’égal à égal avec les pays voisins. « Quand vous voulez rentrer dans les négociations avec les partenaires, il faut être capable à un certain moment de signer des conventions, de rentrer dans des accords commerciaux et il vous faut donc cette compétence pour discuter d’égal à égal avec les partenaires. Prenons l’exemple le problème des normes : à un certain moment, il faut savoir prendre en temps réel des décisions adaptées à votre territoire », conclut-il.

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klod
2 mois il y a

ben déjà , à la run, mon ti péi, la vie chère lé compensé que pour deux trois certains : les fonctionnaires et , dans le privé , selon les conventions collectives .

Tant que TOUS les salariés des DROM ne seront pas bénéficiaires d’une prime de vie chère , mais que certains : drole d’économie libérale qui selon les tenants du libéralisme originelle précise ;  » chaque intervenants économiques devraient avoir la meme prise en compte  » ou à peu prés

l’économie des drom est une absurdité : quelques uns bénéficient d’une compensation de la vie chère ( et c’est bien ) mais pas tous ……………… normal ????????????????? une aberration économique qui dure depuis 80 ans dans tous les drom et Bello ou n’importe quel « politique » local n’apporte pas plus de solution à ce niveau ( encore mwin ses prédécesseurs ou autres politiques actuels !!!!)

on est pas sortie dans les « quatre vieilles » !

Lulu
Répondre à  klod
2 mois il y a

prime de vie chère pour tous amènera d’office la vie encore plus chère, je pense qu’il faut aller dans le sens contraire!

Fidol Castre
2 mois il y a

Il faut piquer !

Romuald
2 mois il y a

Tous ces discours convenus ont ceci de commun qu’ils ne s’adressent qu’au patronat. Plus de libertés pour les patrons réunionnais pour conquérir de nouveaux marchés à l’international (le grenouille qui rêve d’être aussi grosse que le boeuf ! On sait comment ça se termine…), pas question d’indépendance, mais de plus d’autonomie… avec toujours cependant toujours autant si ce n’est pas plus d’ aides de l’Etat français (faut pas rêver !) et puis « des normes plus adaptées à notre territoire ». Il s’agit de quoi ? De ramener le prix de la journée de travail du Réunionnais au niveau du travailleur mauricien ou malgache ? Déplafonner le nombre d’heures de travail journalières et hebdomadaires maximum ? Faire bosser les salariés 7 jours sur 7. Ne plus majorer le paiement des heures supplémentaires ? Limiter au maximum le droit de grève comme à Maurice ? On aimerait savoir !
En résumé, il n’est rien ressorti de ce genre de colloque, sinon que de belles envolées sitôt oubliées.
Le café était il assez chaud et les croissants assez croustillants pour ces messieurs dames ?
Faut bien se requinquer avant de retourner dans les Bas et revenir les pieds sur terre !

Marco
2 mois il y a

Cese et cesser. Organismes totalement sans utilités et très orientés politiquement

Séraphine
2 mois il y a

Enfin Mme BELLO à du entendre ce qu’un intervenant a dit en regardant dans le rétroviseur en précisant que beaucoup a été fait par les prédécesseurs à la tête de la Région pendant 40 ans. En même temps, un aveu d’échec pour sa politique actuelle dont aucune vision sur le chômage, sur l’illettrisme, sur la presse locale etc, ETC…Vous fonctionnez comme l’union soviétique dans le passé. Madame, moi je sais tout, j’ai raison les autres ont torts…Vous refusez la réforme de l’octroi de mer , parlez à votre nom et non aux noms des réunionnais, osez vous un référendum sur ce sujet ? Vous qui aime dire que le peuple decide, le peuple ce n’est pas vous, redescender sur terre Mme Bello, vos heures à la Région sont comptées.

Didi Robertix
Répondre à  Séraphine
2 mois il y a

C’est vrai que le précédent et cette NRL a beaucoup pour les embouteillage.
Oui il faut réformer l’octroi de mer, les prédécesseur ont fait quoi ?
Sur l’emploi copinage, les prédécesseur ont fait quoi?
Une explication de votre part, la raison pour laquelle elle a été élue, si c’était si bien avant ?

Azur
2 mois il y a

Le chômage, la vie chère, vous vous en foutez.
Ce qui est important pour vous et vos petits princes, c’est comment préserver et augmenter vos avantages au détriment de la population.
Arrêter l’assistanat, et vos airs de pitié.

PEC-PEC
2 mois il y a

C’est insoutenable a écouter , la madame veut elle faire des omelettes avec tous ces: Eu eu eu eu eu eu eu eu eu eu …. ou bout d’un moment on n’entend plus que ça … une horreur !

jpleterrien
2 mois il y a

Faire des économies ? C’est simple !!!
Supprimer cet organisme de la Région (et tous ces inutiles) qui fait doublon avec le département !!!
Merci qui ?

Lulu
2 mois il y a

…..vendus à l’extérieur mais à quel prix????

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