Vers une disparition des derniers diplômés infirmiers psychiatriques et de leurs savoirs-faires ?
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La commune de Saint-Paul demeure bien, le berceau de la psychiatrie à la Réunion. Ce rappel, qu’est ce bâtiment colonial, qui est devenu par la suite hôpital psychiatrique, a été construit par la compagnie des Indes de 1764 à 1767.
S’il témoigne encore ce pan de l’histoire de Réunion, il enseigne aussi l’histoire de l’Hôpital Asilaire voire l’histoire de la Santé et de l’école d’infirmiers (ières) psychiatriques, fermée avec le Décret de 1992 (diplôme unique pour l’ensemble des infirmiers).
Bien sûr, ce contexte du passé, nous renvoie aujourd’hui, à la lecture de la santé au présent, ceci à travers la Loi hôpital, patients, santé, territoires (HPST) qui se dessine à une vitesse fulgurante.
Et, elle nous éclaire aux enjeux des divers Décrets, qui fleurissent à chaque jour. Car, dans les prochaines semaines, les nouveaux Conseils de Surveillance verront jour dans l’ensemble de nos hôpitaux en remplacement de l’ancien Conseil d’Administration.
De cette situation nouvelle, il me semble pertinent d’interroger l’ARS, d’une priorité dans le champ de la santé mentale à la Réunion et à quand un projet de spécialisation pour les nouveaux infirmiers(IDE) souhaitant s’orienter vers le champ de la psychiatrie ?
Bien que, nous constatons une très nette évolution aussi bien en termes de vocables, passant de l’asile des "fous" à l’hôpital psychiatrique enfin établissement en santé mentale.
Nous observons en même temps ce bouleversement, cette mutation de fonctions, passant de "gardiens" en "servants(tes)" pour une professionnalisation en infirmiers psychiatriques (soignants).
Dans cette historique, on nous précise même, que les 3 premiers infirmiers (deux femmes et un homme infirmier chef) diplômés en psychiatrique venaient de métropole en 1947(il y a 63 ans).
Et il fallut attendre en 1956 l’ouverture de l’école infirmiers, qui formera la première génération de 13 infirmiers diplômés en 1958 (52 ans).
Depuis le diplôme unique d’infirmiers (IDE) de 1992, mon regard porte sur :
Quelles sont les conséquences d’une rupture des savoirs-faires de ces infirmiers psychiatriques ?
Ne faut-il remettre un projet de Tutorat en place ? Que fait-on pour favoriser la transmission de ses savoirs-faires spécifiques réunionnaises ?
Ne faut-il pas de se réorienter vers un projet de spécialisation psychiatrique avec une année supplémentaire de stage pratique et de théorie comme c’était prévue ?
Le bien-être au travail ne passe t-il pas vers une professionnalisation dans la fonction ?
J’affirme que la perte sera immense si dans la Loi HPST, rien ne s’organise pour que cette richesse d’expériences et de savoirs-faires ne soient partagés aux nouveaux arrivants.
Enfin, c’est ma philosophie, expériences et les savoirs-faires ne doivent pas être un fardeau, ils doivent être transmis à chacun et à chacune d’entre-nous encore plus dans le secteur de la psychiatrique.
Jean Claude COMORASSAMY.


