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Vergès et la défaite du camp progressiste

Malgré les certitudes récentes de M. Ramoudou, ce n’est sans doute pas le positionnement électoral de Vergès par rapport au gouvernement ou aux communes qui est la cause de son échec de plus en plus probable. C'est surtout la composition de sa liste, au premier et maintenant surtout au second tour, qui explique en grande partie le rejet qu'il provoque dans le corps électoral.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 19 mars 2010 à 06H18

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Certains disent que les grands projets auraient écœuré les Réunionnais. C'est faux. Ils sont tous pleinement conscients de leur importance (Tram-train, mais aussi la MCUR). Et dire que la proximité n'est pas suffisante dans son action régionale, c'est oublier que la proximité n'est pas l'apanage de la Région, collectivité en charge des grands projets, précisément. Les dernières enquêtes d'opinion l'ont confirmé d'ailleurs. Ces projets ont l’onction populaire sur leur principe.

Alors pourquoi pas le candidat qui les porte ? Le candidat de la droite a du coup beau jeu de promettre l'abandon de ces projets que son mentor élyséen veut voir réalisés, surtout dans l'intérêt des grands groupes avec lesquels il est en accointance.

Mais la "méthode Vergès", avec une gestion toute personnelle, voire familiale, du pouvoir, voila ce qui fait débat aujourd'hui. Et l'impression que chaque grand projet recèle cette même tare. La composition de sa liste fut le coup de grâce. Comment se targuer d'être un anti-casse sociale, un anti-UMP, quand on accueille sur sa liste des Lagourgue, des Jean-Pierre, puis des TAK ?

Comment ne pas donner l'impression de cracher sur les siens quand on accueille un candidat sur sa liste qui s'est signalé, pendant sa carrière, par des faits de violences à l'égard de militants et élus de gauche ?

Où est la promotion du mérite, quand on présente des jeunes qui n’ont pas 20 ans et ont des liens familiaux avec des proches ?

La sociologie de la liste suffit d'ailleurs à convaincre les plus primaires des anticommunistes qu'elle ne sert qu'un seul but : n'avoir aucune tête qui dépasse lorsque le flambeau sera transmis à son fils.

Cette légende urbaine n'a jamais été démontrée (elle était déjà largement soutenue en 2004). Mais Vergès prête largement le flanc à ces critiques par ces agissements. Il sera, à n’en pas douter, instructif de voir comment le camp victorieux dimanche soir gèrera ce même paramètre une fois aux affaires (le PS et les proches d’Annette, l’UMP et l’inconnu sur le vrai futur président et, peut être, du futur maire de Sainte Marie ou du Tampon).

Paul Vergès a lui-même plombé les chances d'une victoire qui lui tendait les bras et, par là-même, anéanti celles du camp progressiste. A la place nous aurons un héraut de la droite la plus dure, la plus incompétente et la moins vertueuse que ce pays ait jamais eu à supporter, comme président de la collectivité la plus importante de l'ile. Qu'il en soit remercié.

Prof en colère

 

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