Vacances d'été raccourcies: 15 jours de travail supplémentaires, trop pour les profs ?

Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a suscité une nouvelle fois la polémique dans les rangs de la communauté éducative en évoquant l'éventuel raccourcissement des vacances d'été. Une annonce faite alors même qu'une autre réforme, celle des rythmes scolaires et la fameuse semaine de 4,5 jours, est loin de faire l'unanimité dans les rangs des syndicats de l'éducation. Pour Patrick Corré, secrétaire départemental de la CGTR Educ'Action, il s'agit d'une "annonce faite à l'emporte pièce" et "sans réflexion" sur les conséquences.
La levée de bouclier vient des enseignants et des syndicats de l'enseignement. Ces derniers voient dans cette nouvelle annonce un "moyen détourné" d'occulter le débat sur la semaine de 4,5 jours dans le premier degré. "On trouve cette annonce paradoxale alors que le ministre n'arrive pas obtenir l'accord de la communauté éducative sur la réforme des rythmes scolaires", explique Patrick Corré. Selon cette annonce, les vacances d'été seraient raccourcies de 15 jours pour passer de 8 à 6 semaines en métropole, la donne étant différente à la Réunion puisque les grandes vacances sont à Noël. "Cette question ne se pose pas de la même façon qu'en métropole, il faudrait avant tout une concertation régionale", souligne Patrick Corré.
15 jours de vacances en moins, 15 jours de travail en plus
En moyenne, les enseignants travaillent 144 jours par an. Diminuer le nombre de jours de vacances de 15 jours ferait passer de 144 à 159 le nombre de jours travaillés au sein des établissements. Pour comparaison, un travailleur "lambda" a droit à cinq semaines de congés par an. L'augmentation du nombre de jours travaillés serait-elle une des raisons pour laquelle les enseignants auraient décidé d'opposer leur "veto" à Vincent Peillon. "Non !", répond du tac au tac Patrick Corré. "Enseigner à des élèves est très éprouvant. Un professeur travaille 40 heures par semaine. Même s'il n'est pas dans l'établissement, il prépare les cours, même pendant les périodes de vacances scolaires. Il y a de plus en plus de situation de "burn-out" chez les professeurs", ajoute le secrétaire départemental de la CGTR Educ'Action.
Pour lui, il s'agit ni plus ni moins que d'une volonté portée par l'industrie du tourisme: "C'est connu depuis des années". Les professionnels du tourisme réclament une telle mesure pour étaler les réservations sur tout l'été. "Mais la question de la réforme des rythmes scolaires n'a de sens que si elle est posée dans un cadre global. Il faut revoir les programmes, les tailles de classe… Il n'y a que comme ça que nous cautionnerons la réforme des rythmes scolaires", précise le syndicaliste.
Le ministre de l'Education nationale n'est plus dans les petits papiers des syndicats de l'enseignement depuis sa volonté de faire passer les semaines de cours à 4,5 jours. "Sans concertation sur le fonds, il donne rendez-vous en 2015. Il balance ça alors qu'il est dans la merde sur les rythmes scolaires", lâche Patrick Corré.
Le divorce semble consommé entre les syndicats et le ministre.


