Un collectif d'entrepreneurs réunionnais lance un cri d'alerte

Un collectif d'entrepreneurs réunionnais interpelle, dans une déclaration adressée au préfet, aux parlementaires réunionnais et aux différentes organisations professionnelles, sur les difficultés qu'il traverse. Le collectif dénonce "une fiscalité rigide" et demande notamment le gel total des cotisations sociales et patronales. Le communiqué :
Les entreprises de La Réunion n'en peuvent plus.
Nous travaillons, nous créons de l'emploi, nous investissons, et pourtant nous sommes punis par un système économique et social devenu incohérent, sans direction politique claire, sans cap, sans décision. Aujourd'hui, la France traverse une période d'instabilité politique majeure. Il n'y a plus de gouvernement capable de décider, d'arbitrer, ni d'assumer les réformes structurelles attendues depuis des années. Et pendant que Paris s'enlise dans ses jeux d'équilibre, les entreprises de terrain s'effondrent.
" Plus de décisions, plus d'écoute, mais toujours plus de charges"
À La Réunion, les entrepreneurs subissent un système à bout de souffle :
• Des cotisations sociales insoutenables, prélevées par une CGSS déconnectée de la réalité,
• Des délais de paiement publics interminables,
• Une fiscalité rigide, sans aucune adaptation aux contraintes ultramarines,
• Et des promesses jamais tenues, notamment celle de la "compétitivité renforcée" pour le BTP.
Pendant que les entreprises luttent pour payer leurs salariés et maintenir l'activité, l'État prélève, sanctionne, mais ne décide plus.
"Un appel au gel immédiat des prélèvements et pénalités"
Nous refusons de continuer à financer un système bloqué, sans pilotage. Tant qu'un gouvernement stable et responsable n'aura pas été nommé, et tant qu'aucune mesure claire n'aura été annoncée pour réformer la CGSS et la fiscalité ultramarine, nous demandons officiellement le gel total :
• des cotisations sociales patronales et salariales,
• des pénalités et majorations de retard,
• des recouvrements forcés,
• des contributions fiscales exceptionnelles,
• et de toute procédure administrative punitive envers les entreprises réunionnaises.
Aucune décision économique ne doit plus être appliquée tant que le pays n'est pas gouverné sérieusement.
" Les entreprises ne peuvent plus subir"
Le monde économique n'est pas une variable d'ajustement politique. Nous ne sommes pas là pour payer les erreurs, les lenteurs et l'immobilisme de l'État. Chaque jour, des entreprises ferment, des salariés perdent leur emploi, des artisans déposent le bilan. Et tout cela, dans le silence le plus total. Nous le disons clairement : Assez.
Nous exigeons une pause nationale des prélèvements, un moratoire économique immédiat, jusqu'à ce qu'un gouvernement stable, compétent et responsable soit en place.
"Travailler doit redevenir possible"
La Réunion ne peut pas être éternellement le territoire qui subit sans être entendu. Nous sommes prêts à participer à la reconstruction économique du pays, mais pas à ce prix. Nous voulons des décisions, pas des discours. Nous voulons des réformes, pas des promesses. Nous voulons un État partenaire, pas un collecteur aveugle.
La classe politique appelée à se mobiliser
Nous appelons solennellement le Préfet, les parlementaires et l'ensemble des élus de La Réunion à suspendre toute application des prélèvements sociaux et fiscaux tant qu'un Gouvernement pleinement opérationnel n'aura pas pris ses fonctions. Les entreprises ne demandent pas la charité, mais la justice et la cohérence. Travailler ne doit plus être un acte de survie.
Nous voulons simplement pouvoir vivre de notre travail, en paix, dans un cadre économique sain et gouverné.


