Un 13 janvier sur la Terre. On est tolérants mais faut pas exagérer !

Après tout l'Eglise est, nous dirons "en tant qu'employeur" la seule institution à pratiquer la discrimination. Pour être clair, les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant les représentants terrestres de saint Pierre. Chercher à devenir prêtre pour une femme est catégoriquement impossible. Imaginez ce fait dans une quelconque autre organisation que ce soit une entreprise, une administration, une association, ceci serait clairement considéré comme une discrimination, et de fait sanctionné par la loi pour "sexisme".
L'Eglise est elle au dessus des lois ?
A tout dire nous finirions par le penser, en tout cas la loi de 1905 sur la laïcité.
Je vous rassure il en va de même, au sujet du sacerdoce pour les personnes, en l'occurrence les hommes suspectés d'homosexualité, le Vatican revendiquant ouvertement dans une instruction de 2005, d'écarter les homosexuels de celui-ci.
Mais vous me direz donc que l'homosexuel abstinent, n'a pas la même valeur que l'hétérosexuel abstinent devant la prêtrise ? On peut en déduire qu'il existe une hiérarchie des pratiques et des abstinences. Paradoxe quand on écoute nos évêques pour qui les pulsions homosexuelles sont plus dures à réfréner, les candidats à la prêtrise ne devraient qu'en être plus méritants.
Mais non, la tendance homosexuelle autorise une discrimination juste...
"Discrimination juste", comme si il pouvait exister des discriminations justes, c'est pour autant une idée très prisée par le clergé catholique, dixit les évêques "on évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste", l'injuste implique le juste, surtout chez ceux qui apprécient l'opposition binaire entre bien et mal.
Donc il y aurait chez nos amis religieux deux types de discriminations, l'une juste et l'autre injuste.
Discriminer les homosexuels fait partie de celles qui sont justes, que les homosexuel(le)s dénoncent les positions de l'Eglise (je distingue volontairement Eglise et croyants) c'est pour elle une discrimination injuste.
Que dire du Collectif Mariage un homme-une femme ???
Un point qui me taraude, une question bien mathématique, concernant le fait de légiférer vis-à-vis d'une minorité de 1%.
Et oui pourquoi légiférer pour une minorité au vu des problématiques qui assiègent notre pays ?
Parlons chiffres
Une étude de l'IFOP (études menées par l'Ifop du 1er février au 10 mars 2011 effectuées auprès d’un échantillon de 800 à 1.000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus) comptabilisait environ 3,2 millions de personnes lesbiennes, gay, bi, et trans en France, soit environs 5% de la population.
5% sans compter ceux qui sont leur famille, parenté, ascendante ou descendante (Pour faire 5% de population, il faut 10% de population, 5% de femmes, et 5% d'hommes) et qui sont, excusez-moi du peu, partie prenante sur ce projet de loi tout autant que les 1 800 personnes qui ont manifesté ce dimanche...
"Il a été présenté dans la précipitation sous prétexte de satisfaire 1% de la population" s'exclamait M. Guillaume Alexandre (Collectif mariage un home-une femme) parlant du projet de loi.
J'ai bien vu les mots "1 papa 1 maman ca même LA VERITE »" sur les pancartes des manifestants ???
En clair « 5% ou 10% ou 15% ca même LA VERITE »
"Tu ne mentiras point" peut-on lire dans la bible.
Vous êtes vous demandé combien représentait la population d'outre-mer, Guyane, Martinique, Guadeloupe, Réunion réunies ?
1,9 millions d'habitants soit 3% !
Faut-il légiférer pour les DOM-TOM ?
Quand on entend le représentant du collectif Mariage un homme-une femme, apparemment non, pas assez nombreux !
Et puis concernant cette intox sur l’état civil, en clair « Parent A, parent B y a jamais eu dans le projet de loi, ca même la VERITE ».
Pour tout dire, ceux qui luttent contre le « mariage homosexuel » sont à mes yeux homophobes, le projet de loi s’intitule « mariage pour tous » ne fait que concrétiser l’union de deux personnes d’un même sexe dont les pratiques sexuelles sont (comme pour les hétérosexuels) de l’ordre de l’intime et du privé. Dans ce débat on a tort de fournir son opinion sur l’homosexualité qui n’a rien à voir avec ce débat (l'homosexualité n'est pas plus une maladie mentale depuis 1992, et elle a été dépénalisée en 1981). Cette concrétisation de ces unions passe par l'extension du mariage aux personnes d'une même sexe, et non pas par la destruction du mariage.
Jean-René, 53 ans: "C'est insensé de marier deux hommes ou deux femmes. Je ne déteste pas les personnes homosexuelles. Mais je déteste l'acte... Même les chiens ne font pas ça". Propos relevés à cette marche blanche* par un journaliste. Cette personne manifestait bien plus contre l'homosexualité que pour défendre le "mariage un homme-une femme"...
Vous avez raison de jurer Monsieur Guillaume Alexandre que vous n’êtes pas homophobe mais il y a bien plus d’homophobes dans vos rangs que vous ne nous autorisez à le penser.
Vous avez raison de demander le retrait de ce projet de loi sans le moindre débat au vu des arguments quelque peu tronqués et erronés qui sont les vôtres.
* les marches blanches se font à la suite de meurtre ou d'actes atroces, étrange analogie, étrange symbole.
Stéphane Ducamp
Délégué Régional du Refuge Réunion


