Tourisme : Nouveau nom et nouvelle formule en vue pour l’IRT

Rassembler les collectivités ainsi que les réseaux d’offices du tourisme de l’île, mieux coordonner la communication sur l’île à l’international et poursuivre le développement de l’offre d’activités ou de nuitées à La Réunion. Voilà l’objectif que veut fixer la Région et le Département pour la future structure qui remplacera l’IRT. Le 28 mars prochain, on délibérera donc sur cette nouvelle stratégie à la Pyramide inversée. Le Département, en étant l’un des plus gros contributeurs publics pour ce secteur, va également se pencher sur la question.
“Nous allons rassembler les collectivités, les intercommunalités, les villes classées, les chambres consulaires et le Parc national afin d’être tous autour de la même table. Les chiffres que nous avons montrent que pour un euro public investi, le secteur fait 25 euros de recettes. Il faut donc poursuivre la politique de soutien au secteur. Développer le tourisme, c’est offrir des emplois à La Réunion”, martèle Patrick Lebreton.
À ses côtés, Emmanuel Séraphin, le maire de Saint-Paul, confirme l’intérêt d’élargir la table des discussions. “Actuellement, je suis le représentant de toutes les intercommunalités de l’île. On veut que tout le monde soit présent pour faire valoir les atouts et les particularités des micro-régions”, explique le maire de Saint-Paul. Cette nouvelle structure devrait également fusionner avec la FTR (Fédération réunionnaise du tourisme), qui rassemble déjà les offices de tourisme de l’île.
“Nous avons le tourisme le plus résilient de la zone”
Cette décision intervient dans un contexte réjouissant pour l’industrie du tourisme. En effet, les chiffres de fréquentation de 2023 sont très bons, de quoi réjouir Patrick Lebreton. “Nous avons eu 556 000 touristes, soit une hausse de 12% par rapport à 2022. Si Maurice a attiré 1,3 million de visiteurs, il faut noter qu’ils sont toujours à 93% de leurs chiffres d’avant la période covid. La Réunion est la seule destination de l’océan Indien à avoir dépassé les données de 2019. Nous avons le tourisme le plus résilient de la zone”, souligne le président de l’IRT. “Nous avons également vu le retour d’une clientèle internationale, avec près de 9 020 Allemands, 2 100 Belges, 5 220 Suisses ou 68 000 touristes de la zone. Cette hausse est le symbole d’un travail et le fait que La Réunion soit une destination refuge pour les touristes français, car 80% de nos visiteurs viennent de l’Hexagone. Cela représente près de 480 000 personnes”, détaille Patrick Lebreton. Pour répondre à cette demande, l’offre hôtelière va encore s’étoffer avec la mise en chantier de trois projets, dont deux quatre-étoiles, à Hellbourg, Saint-Denis et Sainte-Marie.
Seul point noir, une baisse drastique du tourisme intérieur, la faute à des “Réunionnais qui ont retrouvé le goût du voyage par rapport à 2022”. Une chose est sûre, le secteur veut aussi miser sur les Réunionnais “et pas seulement comme tourisme d’appoint, comme on entend parfois. Développer l’offre pour les Réunionnais, on améliore aussi la qualité du service, car les locaux attendent du qualitatif”, rappelle Patrick Lebreton.
Une semaine pour convaincre de postuler dans le secteur
Développer l’offre veut aussi dire développer les débouchés professionnels pour les Réunionnais. Voilà donc pourquoi cette annonce sur les chiffres est faite au début de la semaine nationale des métiers du tourisme. “Un bus va circuler de mardi à vendredi pour aller à la rencontre des jeunes et des demandeurs d’emploi. Si le matin sera réservé aux scolaires, nous invitons le grand public à venir nous rencontrer pour découvrir toute la palette des métiers proposés. Une boîte aux lettres sera aussi présente pour ceux qui veulent candidater à des offres”, annonce Christian Loga, le directeur de la FRT. “Nous nous rendrons au Baril, à Saint-Pierre, à Sainte-Anne et à Saint-Paul pour montrer l’attractivité de ces métiers qui ont de vrais besoins”, poursuit le directeur de la FRT.
Le tourisme représente près de 15 000 emplois rien que dans l’Ouest et les recettes du secteur ont augmenté de près de 15% pour atteindre les 478 millions d’euros en 2023.


