Tirer le bilan politique de la catastrophe sanitaire

Par-delà le constat de plus en plus flagrant de la confondante médiocrité et du total manque de clairvoyance de nos « responsables » politiques. De tous nos responsables politiques, ceux de la droite comme ceux de la gauche. Ceux actuellement en charge, les Macron, Philippe, Buzyn, Castaner etc., comme ceux de l’opposition, les Larcher, Baroin, Jacob, Hidalgo, Jadot, etc.
Ceux qui, au lieu de se préparer sérieusement et de nous préparer sérieusement à un affrontement qui s’annonçait inéluctable (« Nous sommes en guerre », nous disait pourtant notre président se drapant complaisamment dans des postures à la Churchill !), au lieu de se préoccuper en temps utile de constituer des stocks, de mettre en fabrication accélérée les masques et ventilateurs qui aujourd’hui font encore cruellement défaut à nos médecins, au lieu de tenir courageusement aux Français un langage de vérité (Comme l’écrivait Camus : « L’Homme n’a pas besoin d’espoir, il a simplement besoin de vérité. »), se sont au contraire ingéniés à les dorloter, à les rassurer et à les bercer d’illusions, se sont ingéniés à édulcorer, au moyen d’euphémismes étudiés et de prudentes circonlocutions, les citoyens de ce pays, allant jusqu’à encourager ceux-ci, comme l’a fait Macron le 7 mars, à continuer malgré tout à vivre sereinement, par exemple en fréquentant les théâtres ! Ceux qui (Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, le 11 mars) n’ont pas craint de moquer, non sans visible condescendance, les mesures de confinement prétendument trop radicales adoptées par les Italiens, les Chinois, les Coréens…
Mais aussi ceux – ne pas les oublier non plus ceux-là ! – qui, au nom de leurs petits intérêts de boutique, ont jeté tout leur poids politique dans la balance pour imposer au gouvernement le maintien des sacro-saintes élections municipales, sans lesquelles, selon eux, l’avenir de notre Démocratie eût été gravement compromis !
Par-delà cette criminelle « mascarade » (pour reprendre l’image percutante à laquelle, lors de ses piteux mais bien trop tardifs aveux, a recouru la malheureuse Agnès Buzyn), on pourrait d’ores et déjà tirer de précieux enseignements politiques. C’est ce que fait, de façon très convaincante, Renaud Girard dans le Figaro du 17/03/20. Celui-ci perçoit, dans la crise du coronavirus, une triple faillite idéologique, celle du communisme, celle de l’européisme et celle du mondialisme.
Une condamnation tout d’abord du communisme. N’est-ce pas en effet le Parti Communiste Chinois qui a occulté jusqu’au 12 janvier l’épidémie apparue fin novembre 2019 sur un marché de Wuhan, allant jusqu’à sanctionner, afin de préserver à tout prix sur son territoire la « stabilité sociale », les médecins qui avaient tenté en vain de donner l’alerte ? N’est-ce pas lui aussi qui, après avoir laissé s’étendre au monde entier une épidémie que, à son début, il lui aurait été tout-à-fait possible d’écraser dans l’œuf, a aujourd’hui le culot, dans le but de se défausser de ses évidentes responsabilités, de prétendre de façon absolument mensongère que ce sont en fait des sportifs militaires américains de passage qui ont été à l’origine du désastre ?
Une condamnation aussi de l’européisme béat. Une idéologie européiste « qui considère la construction européenne (et sa religion d’ouverture des frontières) comme un idéal en soi, au lieu de n’en faire qu’un usage pragmatique, dans l’intérêt concret des différentes nations de l’UE. Le 13 mars 2020, la présidente de la Commission européenne a critiqué la fermeture des frontières décidée par certains pays de l’UE pour lutter contre la pandémie. Le lendemain, le pays natal d’Ursula von der Layen adoptait une telle mesure de bon sens… Les Chinois ont bien « fermé » les frontières du Hubei, province cinq fois plus étendue que la Hollande ! »
Une condamnation enfin du mondialisme. Une idéologie calamiteuse qui proclame les « vertus d’une absolue division internationale du travail, n’obéissant qu’aux lois classique du libéralisme économique. » Or, est-il acceptable que, pour la fabrication de ses médicaments (entre autres produits qui nous sont absolument essentiels), notre pays dépende de l’industrie d’un pays comme la Chine si éloigné et si différent du nôtre ? Et d’appeler, face aux conséquences désastreuses de nos délocalisations aussi systématiques que massives, à « établir d’urgence un réel souverainisme économique européen ».
Espérons donc que la leçon sera effectivement entendue et que nos peuples, aujourd’hui plongés dans la tourmente, une fois la crise actuelle tant bien que mal maîtrisée, se montreront capables de mettre en œuvre les indispensables corrections qui s’imposent.


