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« Tikatsou » : Une monnaie locale pour favoriser le commerce et la production de proximité

L’association Nout Moné veut lancer à La Réunion la première monnaie locale dans les DOM. Un projet qui n’a rien d'utopique, assure Richard Riani aux côtés du député Jean-Hugues Ratenon.

Ecrit par 376508 – le vendredi 28 janvier 2022 à 08H30

L’objectif n’est « pas de faire un premier pas vers l’indépendance ni de supplanter l’euro », insiste le président du Rassemblement des Citoyens Réunionnais (RCR). Après une tentative avortée d’une autre association en 2016 sur une commune, Richard Riani reprend l’idée de créer une monnaie locale à La Réunion.

Avec l’association Nout Moné, l’artiste engagé entend mettre en circulation une monnaie complémentaire à la monnaie officielle afin de développer le commerce et la production de proximité. « Vous pourrez payer votre coiffeur, le boulanger ou encore le bazardier », explique Richard Riani qui étudie la question depuis trois ans. ​Un tikatsou vaut un euro. Les transactions peuvent se faire entre particuliers et entreprises ou entre entreprises également.

A l’image de l’eusko, lancé en 2013 au pays Basque et devenu en 2018 première monnaie locale d’Europe, le tikatsou de Nout Moné entend fédérer. Au-delà des retombées économiques et notamment touristiques, l’association espère créer « un esprit de solidarité » . Pour Richard Riani, c’est « une monnaie d’ouverture et de fraternité » offrant « la liberté de pouvoir gérer localement cette crise sanitaire ».

Un cadre réglementaire 

Des prototypes de billets de 5, 10, 20 tikatsou à l’effigie de grands personnages et de paysages emblématiques ont déjà été édités par l’association. Cette dernière lancera prochainement un appel à projet pour le visuel du billet d’1 tikatsou. Nout Moné mise également dans l’avenir sur une version numérique de sa monnaie locale. 

« La Réunion est une île donc un territoire isolé et donc naturel pour faire circuler une monnaie locale », voit également comme avantage Laurent Payet-Bridier, chargé au sein de l’association de mettre en œuvre le projet et ancien professeur agrégé de Mathématiques. La réglementation française autour des monnaies locales, autorisées par la loi Hamon sur l’économie sociale et solidaire de 2014, est en effet très encadrée. Leur utilisation est permise sur des territoires restreints.

En revanche, il n’est pas possible de régler ses courses dans un supermarché ou un hypermarché avec de la monnaie locale ni de la déposer sur un compte. « Les retours d’expérience montrent que les monnaies locales circulent plus vite que la monnaie officielle. On ne peut pas spéculer dessus, on ne peut pas épargner mais l’on crée tout de même de la richesse », souligne Richard Riani. 

Fédérer l’ensemble des acteurs 

Pour que le projet voit le jour, il faut réussir à convaincre une banque, pour commencer. La création d’une monnaie locale impose un partenariat avec une banque pour la création d’un fond de garantie qui devra s’élever ici à 500.000 euros, a calculé l’association. « Des contacts ont déjà été pris », rassure Richard Riani. Le deuxième partenariat à sceller est celui auprès du Département et de la Région.

Nout Moné a déjà le soutien de Jean-Hugues Ratenon, député Insoumis mais aussi conseiller régional. « Je suis convaincu que cela peut être un outil extraordinaire de développement local », se réjouit-il. « L’esprit de solidarité va primer ». L’idée fait effectivement partie du programme d’Huguette Bello, désormais élue à la tête de la Pyramide inversée. Pour Nout Moné, les chèques ou pass santé, marmailles, bien-être….« sont déjà les prémices d’une véritable monnaie locale ». Enfin, reste à convaincre les entreprises locales et les citoyens de participer et de « transformer un achat ordinaire en acte d’engagement », reprend Richard Riani, conscient que le processus « mettra du temps ».

L’engagement est également écologique, précise Laurent Payet-Bridier. Les entreprises engagées dans Nout Moné s’inscriront « dans une charte éthique prônant une démarche éco-responsable ». 

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