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Stupéfiants : il "uberise" son réseau et tombe à la dernière livraison

Ecrit par Régis Labrousse – le samedi 1 février 2025 à 07H40

Un jeune homme comparaissait devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour des faits de trafic de stupéfiants. Cette affaire est significative de la "uberisation" des trafics de substances en tout genre.

Quel que soit le produit stupéfiant que vous cherchez, ne cherchez plus ! Un jeune homme de 26 ans, Sheik R. peut vous le fournir. Ce jeune homme, consommateur de drogues, a fini par se mettre à son compte. Il a choisi d'être en accord avec son temps en préférant utiliser la livraison de colis. Début janvier, les limiers des douanes sentent une livraison douteuse et décident de mettre deux colis sous surveillance. Le piège est tendu pour celui qui ne cherche pas à se cacher et utilise son nom et son adresse même s'il pense user de subterfuges en changeant de prénom.

11.070 euros de marchandise à la revente pour 32 colis recensés sur 2024

Le piège se referme le 22 janvier dernier lorsqu'il réceptionne ses deux colis. Il est interpellé et placé sous rétention douanière. Les colis contiennent 6 fioles de LSD ainsi que 30 grammes de poudre blanche qui s'avère être de la kétamine. Lors de la perquisition qui suit, les enquêteurs trouvent une véritable épicerie : LSD, kétamine, skunck, cannabis, plus de 6.000 euros en espèces et deux balances de précisions. Au total, il y a pour 11.070 euros de marchandise à la revente pour 32 colis recensés sur 2024 et 2 sur 2025. Il reconnait les faits et devra en répondre dans le cadre d'une comparution immédiate.

À la barre, il explique qu'il imprègne lui-même les buvards de LSD qu'il revend ensuite 5 euros pièce. Il s'avère que son business est bien huilé puisqu'il a un cercle d'acheteurs avec qui il correspond par messagerie Telegram sur laquelle il va jusqu'à proposer des "offres" et des "bouquets". L'enquête montre qu'il ne vend pas en petites quantités afin de s'assurer d'un gain minimum. Il a même mis en place un système lui permettant le remboursement de colis par ses fournisseurs lorsqu'ils sont perdus. Il reconnait que les sommes saisies allaient lui servir à réinvestir dans l'achat de nouveaux produits.

"Une arrivée des drogues par de plus petites quantités dans des enveloppes"

"C'est un dossier de trafic de stupéfiants emblématique du phénomène d'Uberisation", tance le parquet qui reconnaît que "ce trafiquant s'adapte aux stratégies de contrôles par la connaissance de tous les réseaux". La procureure relève "une arrivée des drogues par de plus petites quantités dans des enveloppes", ironisant que cela passe "comme une lettre à la poste", reconnaissant qu'ils ont "toujours une longueur d'avance sur nous". Elle requiert une peine de 4 ans de prison dont 1 avec sursis probatoire, la confiscation des scellées, de la voiture ayant servi à l'infraction et une amende douanière de 11.070 euros.

"Il reconnait les faits, mais il est important d'expliquer comment il a basculé" répond la défense qui rappelle que le prévenu a "donné des infos précises qui pourront servir aux enquêteurs". La robe noire explique qu'il a commencé à consommer de la drogue à 13 ans et qu'il a basculé dans la revente à l'âge de 18 ans, avouant : "Il est lui-même emprisonné dans cette drogue et qu'il ne voit pas les dangers du trafic qu'il a mis en place". La défense rappelle qu'il est accessible au sursis probatoire au regard de son casier et plaide pour une partie ferme aménagée. "Il faut lui tendre la main", conclut la robe noire.

Le tribunal prononce la culpabilité du prévenu qui est condamné à la peine de 3 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire, la confiscation des scellées et du véhicule ainsi qu'une amende douanière de 11.070 euros. Il est maintenu en détention.

Etiquettes : Justice

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