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Startups à La Réunion : un écosystème encore jeune mais prometteur

Ecrit par J.D. – le lundi 4 août 2025 à 14H33

Selon une étude récente menée par l’IEDOM, La Réunion compte plus de 70 startups, principalement en phase de démarrage. Portées par des dirigeants expérimentés, elles peinent encore à lever des fonds mais misent sur la rentabilité et l’accompagnement pour se structurer.

Pour la première fois, l’IEDOM dresse un état des lieux des startups à La Réunion. En 2024, un peu plus de 70 entreprises ont été recensées comme appartenant à l’« écosystème startup » de l’île, c’est-à-dire identifiées par au moins deux structures d’accompagnement ou figurant dans les principaux annuaires spécialisés. Si une dizaine d’entre elles seulement présentent un fort potentiel de croissance – qualifiées de « scalables » – la majorité reste à un stade précoce de développement, avec un chiffre d’affaires inférieur à 100 000 euros pour 8 sur 10 et moins de cinq salariés dans une proportion équivalente.

Ces jeunes pousses évoluent dans des secteurs variés, la santé (biotech et medtech) représentant 17 % des activités, devant l’écologie (16 %), les big data et la cybersécurité (13 %), l’éducation, le marketing digital ou encore l’agroalimentaire. Toutefois, leur jeunesse constitue une limite. Plus d’un tiers ont moins de trois ans, et près de 60 % moins de cinq ans.

Le profil des dirigeants apparaît comme un facteur déterminant de succès. L’étude souligne que 93 % d’entre eux sont diplômés du supérieur, et deux sur trois ont plus de 40 ans. Mais seuls 15 % des fondateurs sont des femmes, signe d’un déséquilibre encore marqué dans ce domaine.

Pour réussir, les startups réunionnaises mettent l’accent sur les compétences managériales de leur dirigeant, mais aussi sur la nécessité d’un accompagnement personnalisé. Trois quarts des dirigeants interrogés ont bénéficié d’un incubateur ou d’un accélérateur, pour une durée moyenne de 18 mois. Si les structures d’appui comme French Tech Réunion ou Digital Réunion sont jugées utiles, beaucoup demandent un soutien plus ciblé via des mentors ou des comités d’experts locaux.

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Le financement reste un défi de taille. Moins d’un quart des startups ont réalisé une levée de fonds, avec un montant total estimé à 40 millions d’euros – dont les deux tiers captés par les structures les plus matures. Les dispositifs publics (CIR, JEI, aides régionales, Bpifrance) sont perçus comme utiles mais difficilement mobilisables, car ils interviennent souvent après la dépense. Le recours aux business angels est jugé essentiel pour franchir le cap de l’amorçage.

Enfin, l’étude recommande aux startups d’adopter un modèle d’affaires proche de celui des entreprises traditionnelles : viser la rentabilité, garder un lien étroit avec leur marché et optimiser les ressources. La frugalité dans la gestion et la capacité à coller au time-to-market sont vues comme des conditions-clés de survie. Reste à surmonter les handicaps structurels de l’île – marché étroit, éloignement – qui grèvent leur développement et freinent leur visibilité hors du territoire.

Etiquettes : IEDOM | Start Up

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