Revenir à la rubrique : Faits divers

Son conjoint poignardé à mort à la Chaumière : "J'assume, mais c'était pas volontaire"

Fin juillet dernier, une dispute de couple sur fond d'alcool et de violences se terminait dans un bain de sang dans ce quartier sensible du chef-lieu. Une fois n'est pas coutume, c'est la compagne de 25 ans qui a porté un coup de couteau de cuisine mortel à son conjoint. Selon les premiers éléments, la mère de famille aurait fui Mayotte, son île natale, pour fuir les violences conjugales qu'elle subissait.
Ecrit par Isabelle Serre – le mardi 16 août 2022 à 16H34

Le 29 juillet dernier, au coeur de la résidence La Chaumière à St-Denis, Nathania H. expliquait aux policiers que son conjoint qui venait de mourir poignardé avait été agressé par des hommes à l'extérieur de l'appartement. Leurs enfants de 9, 7 et 2 ans avaient raconté la même histoire. Mais rapidement, cette version n'avait pas tenu. Aucune trace de sang n'avait été retrouvée en dehors du logement où le père de famille a succombé à un coup de couteau en plein thorax. En revanche, dans le salon, du sang était présent ainsi que sur le tee-shirt de la compagne. Placée en garde à vue, la Mahoraise de 25 ans, née en 1996 à Kani Keli, était restée sur la même ligne.

Mais ce mardi, devant les magistrats de la chambre de l'instruction, la vingtenaire qui faisait appel de son placement en détention provisoire à la suite de sa mise en examen pour meurtre sur conjoint a déclaré assumer. "Je reconnais mais ce n'était pas volontaire", murmure la détenue avant d'essuyer ses larmes sur son haut blanc. D'une voix blanche, elle acquiesce lorsque le président de l'audience précise qu'elle était venue se réfugier à La Réunion où elle était presque sans domicile fixe. 

Son avocate, Me Elodie Boyer, ajoute que sa cliente avait fui Mayotte pour échapper aux violences conjugales dont elle était victime depuis longtemps. L'homme aurait décidé de la suivre et les violences sur fond d'alcool et de "je t'aime moi non plus" auraient continué.

"Il faudra déterminer si le couteau qui a servi à donner la mort se trouvait sur la table du salon et a été saisi d'un geste réflexe ou bien si madame est allée le chercher dans la cuisine avant de porter le coup mortel",  déclare l'avocate générale avant de requérir le maintien en détention. "Des investigations doivent être menées et il est encore bien trop tôt pour envisager une sortie", a martelé Emmanuelle Barre émettant des craintes sur un risque de fuite vue la peine encourue : la réclusion criminelle à perpétuité.

Après en avoir délibéré, les juges ont suivi l'avis du parquet général. 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :