“Soeurs Veillent” : une nouvelle association pour libérer la parole des victimes de violences conjugales

Sylvie, Evelyne et Kathy ont créé il y a quelques mois une association qui s'est donnée pour mission d'accompagner les femmes victimes de violences conjugales et leur permettre de libérer leur parole dans un cadre bienveillant et sans jugement.
Même si "Sœurs Veillent" est née d'expériences personnelles, d'un combat pour se sortir des violences conjugales, Sylvie, présidente de l'association, lance avec humour : "L’objectif n’est pas de faire un feu de joie avec des poupées à l’effigie des hommes. Nous n’agissons pas par vengeance." Ce que les trois fondatrices souhaitent avant tout, c’est tisser du lien entre les victimes. "En discutant avec d’autres femmes, on s’est rendu compte que, malgré nos personnalités très différentes, on vivait des situations assez similaires", confie Évelyne, hôtesse de l’air et trésorière de l’association.
Photographe de métier, Sylvie souligne une réalité souvent ignorée. "Certaines personnes collent des étiquettes, comme si on devait transpirer la tristesse et le désespoir pour attester d'une réalité. Mais si ça ne se voit pas, c’est parce que ces femmes tiennent bon, la plupart du temps pour leurs enfants".
Derrière les apparences, la souffrance
Toutes trois rappellent que les violences conjugales ne se résument pas aux coups. "Quand on vit dans le dénigrement, la peur, les pressions, les menaces, les violences psychologiques ou physiques, ce qui est difficile, c’est d’oser en parler", explique Kathy. Elle raconte comment Évelyne, sa collègue devenue confidente, l’a aidée à sortir de cette emprise.
L’importance de l’écoute bienveillante
Kathy insiste sur le manque d’écoute adaptée que rencontrent les victimes. "Tu travailles, tu es belle, tourne la page" ," Toi, tu acceptes de vivre ça", "Te connaissant, je pensais que tu lui aurais dit de partir depuis longtemps "… Autant de phrases souvent bien intentionnées mais qui blessent ou culpabilisent davantage les femmes concernées.
"On est passées par là, on sait ce qu'elles ont besoin d’entendre, et surtout, à quel moment elles ont besoin de l’entendre", souligne Évelyne.
Être présentes à chaque étape
"Nous voulons être une écoute avant, pendant et après la rupture", insiste Kathy. Car contrairement aux idées reçues, la séparation n’est pas toujours synonyme de fin de l’emprise.
La première action de "Sœurs Veillent" a été de créer une page Facebook. Très rapidement, de nombreux témoignages ont afflué, émanant de femmes en quête d’écoute ou d’orientation. Aujourd’hui, l’association recherche un local à Saint-Pierre pour organiser des groupes de parole, puis des ateliers autour de l’estime de soi et de l’épanouissement personnel.
À terme, les fondatrices souhaitent développer un outil technologique pour maintenir ce lien essentiel. " Continuer à faire ce lien, c’est notre priorité"


