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Saint-Leu : « Elle porte son enfant, donc c’est sa chose »

Un Saint-Leusien a été reconnu coupable de menaces de mort sur son ancienne concubine et son nouveau compagnon. Le prévenu a menacé et violenté son ex pendant plusieurs mois malgré la présence d’un bracelet anti-rapprochement et d’un contrôle judiciaire strict. L’occasion pour la procureure de réaliser que les appareils en question n’étaient pas très fiables.

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 24 décembre 2021 à 18H46

Stéphane n’aime pas attendre. Alors qu’il devait être jugé en janvier prochain pour des menaces de mort réitérées sur son ex, il a décidé de presser un peu les choses en provoquant une comparution immédiate. Les affaires ont donc été jointes ce vendredi.

Dimanche dernier, il a menacé Lydia*, son ex, ainsi que son nouveau compagnon. « Vous n’allez pas passer les fêtes », leur a-t-il lancé après une dispute qui a failli mal tourner. Des menaces qu’il a renouvelé sur les réseaux sociaux. Le tout alors qu’il est muni d’un bracelet anti-rapprochement envers Lydia.

Face à la juge Juliane Pinsard, Stéphane explique que ce ne sont que des paroles en l’air dites sous le coup de la colère. Il affirme qu’il a provoqué le conflit, car le compagnon de Lydia conduit sans permis et qu’il transportait sa fille ce jour-là. La juge lui rappelle qu’il conduit également sans permis. Un épisode qui conclut plusieurs mois de menaces.

Le déclic de la victime

Stéphane devait être jugé en janvier prochain pour des faits commis en novembre. Ce jour-là, alors qu’il était sous bracelet anti-rapprochement suite à une précédente condamnation pour menace de mort, il a poursuivi Lydia jusqu’à la réunion où elle était invitée. Il est entré de force et a menacé de tuer son ex devant tous les témoins. Frappant ceux qui tentaient de le faire sortir, les personnes présentes ont dû user de force pour le mettre à l’extérieur.

Présente, une conseillère du réseau VIF (violences intrafamiliales) a tenté de le raisonner. Mais rien n’a marché et Stéphane s’est muni d’une barre de fer et a menacé de casser la voiture de Lydia. Le tout devant leur fille de 5 ans.

C’est à partir de là que la jeune maman a eu peur pour son enfant. Elle a donc fini par livrer le calvaire qu’elle vivait depuis des années. Il n’y avait pas que des menaces.

« Ça fait peur, votre obsession »

Selon le témoignage de la victime, qui n’était pas présente, le changement de comportement de Stéphane est intervenu lorsqu’elle était enceinte de 3 mois. Il a commencé à la frapper.

À 6 mois de grossesse, il a jeté un banc sur elle. Il bavait de rage, selon les témoignages de la famille de la victime. La famille de Stéphane, présente à ce moment-là, n’a pas réagi. Selon Lydia, c’est toujours lorsque la famille de Stéphane était là qu’il était le plus violent, en plus de l’alcool.

La juge Pinsard interroge longuement le prévenu sur plusieurs épisodes de violences. Celui-ci confirme les faits, à l’exception des coups de poings et de pieds. « On parle jamais de ce qui se passe avant. Une fois, c’est elle qui m’a mis une claque. Obligé, je me suis levé et je lui en ai mis une », se justifie-t-il au grand dam de sa défense, Me Julie Daguenot.

« Ça fait peur votre obsession pour Lydia », lui lance la juge avant que l’avocate de la victime, Me Julie Kerachni, n’appuie dans ce sens. « Elle est terrorisée. Elle le voit partout, chaque fois qu’elle sort. Il a changé quand elle est devenue enceinte. Elle porte son enfant, donc c’est sa chose. À la maison, c’était le roi. Les violences, c’était même devant sa fille », explique la robe noire. 

« Qu’est-ce qui va se passer pendant les fêtes? Qu’est-ce qui va se passer s’il boit le soir du réveillon? », demande l’avocate de la partie civile. Elle rappelle qu’il était même allé jusqu’à couper les câbles de sa voiture pour qu’elle ne puisse plus aller travailler et perde son emploi.

« C’est juste une blessure narcissique »

Tout au long du procès, Stéphane s’est défendu en expliquant qu’il faisait tout ça pour voir sa fille, dont sa mère l’a éloigné. « Il utilise sa mère pour l’atteindre », assure Me Kerachni. Un avis partagé par la procureure Caroline Calbo, passablement énervée d’avoir affaire à celui qui lui avait promis de se tenir à carreau en octobre dernier.

En apprenant le déroulé des faits, la procureure comprend que le bracelet électronique n’a pas fonctionné à plusieurs reprises. « Il y a eu des dysfonctionnements du bracelet anti-rapprochement. Si je l’avais appris avant, vous auriez été déféré plus tôt », explique-t-elle.

« Je vois qu’il pense au bonheur de sa fille », lui lance la procureure en évoquant les menaces de mort proférées devant sa mère. « C’est juste une blessure narcissique. Elle ne doit pas refaire sa vie, alors que lui l’a déjà refaite », conclut-elle.

Pour cela, elle demande la jonction des deux procès et requiert une peine de deux ans, dont une année avec sursis. L’interdiction d’entrer en contact avec les victimes, de se présenter devant leur domicile et son maintien en détention. Elle souhaite également que son autorité parentale soit remise en question.

Après délibération, il est reconnu coupable des chefs d’accusation et est condamné à 18 mois de prison, dont un an avec sursis, interdiction d’entrer en contact avec les victimes et de se présenter devant leur domicile. Il doit en outre verser 1.500 euros à Lydia pour les préjudices physiques et moraux.

*Prénom d’emprunt

 

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