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Saint-Leu : Bagarre entre karatékas à la station de lavage

Deux hommes ont été jugés au tribunal de police pour s’être battus à une station de lavage à Saint-Leu. Malgré la caméra de surveillance, il a été difficile de tirer le vrai du faux pour le tribunal. Les deux prévenus ont été condamnés à des amendes.

Ecrit par 1776023 – le mercredi 17 août 2022 à 09H23

Le 16 mars dernier, l’espace de lavage de la station-service du Portail à Saint-Leu s’est transformé en tatami. L’aire pour laver les voitures comporte deux places. Thomas*, qui approche la cinquantaine, arrive avec son épouse pour y nettoyer sa voiture ainsi que le vélo qu’il vient d’acheter pour l’anniversaire de son fils. Il souhaite donc utiliser les deux espaces de lavage. Malheureusement pour le couple, l’un des espaces est occupé par Damien* qui a décidé d’y stationner son véhicule afin d’y prendre sa pause repas. 

Thomas va alors demander à Damien s’il peut déplacer son véhicule, mais celui-ci lui dit d’attendre qu’il finisse sa cigarette. Le ton monte et Thomas va attraper le jeune homme de 23 ans par la gorge et le porter sur deux mètres. Ce dernier va répondre par un coup de poing au visage qui abîme les dents de son rival. Les deux vont alors porter plainte et se retrouver à la fois prévenus et victimes au procès. 

Les deux hommes vont tenter de convaincre la juge que l’autre est responsable de la bagarre. Thomas assure avoir d’abord demandé poliment au jeune homme de déplacer son véhicule, ayant vu qu’il avait déjà un problème avec un client précédent, mais qu’il a essuyé une pluie d’insultes en retour.

De son côté, Damien assure qu’il venait de laver sa voiture de fonction et qu’il ne faisait que finir sa cigarette avant de repartir. Selon lui, c’est l’attitude agressive de Thomas qui l’a mis sur la défensive et qu’il n’a fait que répondre, d’abord verbalement puis physiquement. Si une caméra de surveillance a bien capté les images de l’altercation, la vidéo n’a pas de son et l’angle de vue ne permet pas de tout voir, notamment les débuts de la bagarre.

Ironie de l’histoire, les débats ont révélé que les deux protagonistes sont d’anciens karatékas. L’autre fait improbable est que Thomas, qui a eu des dents cassées, est dentiste de profession.

« Une situation pathétique et inquiétante »

Pour la procureure, c’est « une situation pathétique et inquiétante. Ni l’un ni l’autre n’a calmé les choses. Chacun pense être dans son bon droit et aucun ne fait marche arrière ou ne s’arrête ». La parquetière estime que le coup de poing n’est pas proportionné dans le cadre de la légitime défense. Elle requiert donc une peine de 600 euros d’amende contre Thomas et 300 euros contre Damien.

Pour Me Guillaume Darrioumerle, qui représente le dentiste, Damien a été dans la provocation. « Il mange dans une station de lavage, fume dans une station-service et défend son territoire », argue le conseil en ajoutant que le prévenu a même insinué que son client avait déjà les dents cassées avant l’altercation. De plus, il notifie que son client s’est excusé pour les faits durant les débats, contrairement au jeune homme.

Pour Me Farid Issé, la lecture des faits est différente. « Vous avez un dentiste qui arrive en terrain conquis. Prendre quelqu’un par le cou, c’est violent. Qu’on ne nous fasse pas des leçons de bienséance », souligne-t-il avant d’affirmer que la légitime défense est caractérisée. De plus, il indique qu’en tant que dentiste, Thomas a « très bien pu aller voir ses collègues pour se faire une ordonnance aux petits oignons. »

Finalement, le tribunal va suivre les réquisitions et condamner Thomas à une peine de 600 euros d’amende, tandis que Damien écope de 300 euros et la légitime défense n’est pas reconnue. Ce dernier risque toutefois de mettre de nouveau la main au portefeuille puisqu’une audience sur intérêts civils va avoir lieu plus tard afin de déterminer les dommages et intérêts pour les frais dentaires.

*Prénoms d’emprunts

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