Saint-André : l’opposition dénonce une nouvelle « bombe à chik »

Après les aires de stockage temporaires de déchets situées au Colosse et au chemin Lagourgue, en voie de fermeture, c’est cette fois à la Cressonnière que Jean-Marie Virapoullé dénonce la création, sur un terrain communal, d’une « nouvelle décharge à ciel ouvert à proximité des habitations ».
De la ferraille en tout genre, du polystyrène, un peu de déchets verts, mais pas seulement. « Il y a des tôles, mais aussi des carcasses de voitures, des pneus, des sacs poubelles… Il y a un peu de tout. Pour les moustiques, il n’y a pas mieux : ce sont des zones de réserve d’eau stagnante, alors que les premières habitations sont situées juste en face, dont une famille d’accueil pour personnes âgées », dénonce le leader de l’opposition à Saint-André, Jean-Marie Virapoullé.
Une rapide inspection des lieux ne lui donne pas tort. Dans un container, un seau rempli d’eau stagnante offre un gîte cinq étoiles aux moustiques.
« De la mise en danger d'autrui »
C’est ce week-end que l’opposant dit avoir été interpellé « par des habitants », après la découverte d’une « nouvelle décharge à ciel ouvert communale » dans le secteur de la Cressonnière, non loin du site de l’ancienne décharge sauvage.
À ses côtés, un habitant du quartier installé à une cinquantaine de mètres de là, Eddy Didat, va dans le même sens : « Avant le cyclone, il n’y avait rien ici. C’est arrivé juste après, et depuis, il y a une recrudescence des moustiques. Le pire, c’est qu’on voit les déchets s’accumuler, mais il n’y a jamais de retrait. On avait réussi à faire fermer l’ancienne décharge, mais là, c’est reparti », regrette-t-il.

Il a décidé d’informer les habitants du quartier, « peu de personnes étant encore au courant ». La création d’un collectif et le lancement d’actions ne sont pas exclus.
S’il reconnaît le caractère exceptionnel de la situation, l’opposant estime « qu’on aurait pu faire les choses autrement. J’ai été président
de la Cirest, je sais de quoi il en retourne. Quand on parle de zones tampons, ce sont des zones temporaires qui doivent être de très courte durée. Mais nous sommes aujourd’hui à près de deux mois après le passage du cyclone, et voilà dans quel état est Saint-André. Ces zones doivent être les plus éloignées possible des habitations, qui plus est dans une période d’épidémie de chikungunya. Ils auraient dû faire ça sur un terrain agricole éloigné que la mairie aurait loué. C’est ce que j’appelle de la mise en danger d’autrui, raison pour laquelle les services de l’État bougent chaque fois que je les appelle. »
Après les deux sites de stockage temporaire du Colosse et du chemin Lagourgue, « en voie d’évacuation après mon intervention auprès du sous-préfet », il a de nouveau « alerté » les services de l’État.
« De la récupération politique »
En réponse, le cabinet de Joé Bédier rappelle d’abord l’immensité de la tâche à laquelle la mairie a dû faire face après le passage du cyclone, avec l’équivalent d’un an de déchets collectés en un mois.
Face à la saturation des sites traditionnels de collecte, la mairie a fait appel à des prestataires privés et à des agriculteurs afin d’accélérer le nettoyage, en plus de celui orchestré par la Cirest : « Nous avons dû faire face à la saturation des sites de traitement et à l’urgence de dégager les voies de circulation et d’empêcher la formation de gîtes larvaires devant la porte des habitants. Le tout pour un coût important pour la ville. Il a fallu faire vite, en relation avec le SYDNE (syndicat intercommunal de traitement des déchets du Nord et de l’Est). »

Pas moins de sept prestataires privés ont été retenus par la mairie, et deux sites temporaires ouverts au niveau du parc du Colosse (déchets verts) et du chemin Lagourgue (mixte), deux sites en voie de fermeture et éloignés des habitations, argumente la ville.
À la Cressonnière, si le site est communal, la gestion de la zone tampon - destinée uniquement aux déchets ferreux - est assurée par une société déjà prestataire de la Cirest.
Le site est destiné à fermer d’ici quelques semaines, assure la mairie, qui dénonce à son tour une certaine « récupération politique » sur le sujet de la part de son opposant : « Et ce qui est le plus désolant, c’est que l’élu du Département ne se préoccupe du chikungunya que sur la commune de Saint-André, alors qu’il a la délégation santé. »
Les municipales ne sont (déjà pas) un long fleuve tranquille à Saint-André !



