Rythmes scolaires: Vers un allongement du temps d'école pour les élèves et du temps de présence des enseignants

La future réorganisation du temps scolaire n’est pas acceptable. Lors du Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) du mardi 8 janvier, le projet du Ministre concernant l'aménagement du temps scolaire a été massivement rejeté, ne recueillant que 5 avis favorables sur 72. Pour la CGTR Educ'Action , cette réforme dégradera non seulement profondément les conditions de travail dans les écoles des personnels, mais n'apportera pas de réelles réponses aux élèves permettant d’améliorer leurs conditions d’étude.
CETTE RÉFORME NE PEUT SE FAIRE NI SANS LES ENSEIGNANTS NI CONTRE EUX.
Alors que les précédentes réformes aboutissent à une amputation de l'équivalent d'une année de scolarité pour les élèves de la petite section de maternelle au CM2, qui peut penser que le seul étalement de la semaine scolaire sur 4,5 jours permettrait la réussite des élèves en difficulté ? Une réflexion globale est nécessaire pour la réussite de tous les élèves : 25 élèves par classe, 20 en ZEP maxi, une scolarisation des enfants de moins de 3 ans dans des classes adaptées et à effectif réduit (15 maximum), plus de maîtres que de classes, des RASED complets ce qui passe par le rétablissement des postes d'enseignants spécialisés, la révision des programmes par un étalement sur l'ensemble de la scolarité, l’abandon de l’aide personnalisée, une alternance 7 semaines de classe et 2 semaines de vacances, une baisse réelle du temps de service des enseignants par une baisse de la charge administrative qui n'a cessé d'augmenter es dernières années, ainsi que du temps de présence devant élèves, une formation initiale et continue de qualité, une revalorisation des carrières etl'ouverture de négociations sur le fonctionnement de l'école…
De plus, comment prétendre modifier le rythme de vie des élèves sans avoir une réflexion sur celui des parents, soumis de plus en plus à la précarisation de leurs conditions d’existence et de travail ? L’absence de la coupure du mercredi risque par ailleurs de réduire l’espace dédié aux activités de loisirs éducatifs,aux activités sportives et culturelles non scolaires. En confondant ce qui relève des apprentissages dans le cadre de l’École laïque, gratuite et obligatoire et ce qui relève du choix de l’enfant et des familles,le risque est grand d’affaiblir l’école, de transférer aux communes ce qui relève de la compétence de l’État.
Comment peut-on prétendre les effets néfastes d'une semaine de 4 jours, alors qu'un tiers des écoles fonctionnaient sur cet aménagement avant la réforme Darcos sans qu'aucune étude sérieuse démontre un écart important sur la réussite des élèves ?Ainsi, le département de la Gironde qui fonctionnait depuis de très nombreuses années sur un mode d'organisation de la semaine scolaire à 4 jours n'a jamais été fait l'objet de différences notables en matière de résultats des élèves.
Comment peut-on affirmer que la journée scolaire de 6 heures est trop longue si les apprentissages respectent les temps de concentration soutenue ? Les enseignants refusent que certains enseignements sortent du cadre national et soient dévolus aux municipalités sous prétexte d'instaurer un Projet Educatif Territorial (arts plastiques, musiques, EPS, langue étrangère, informatique...). Les enseignants refusent la confusion mise en place entre leur mission et celle tout autant respectable d'animateur de la ville. C'est une nouvelle étape vers la décentralisation que nous combattons. Cette réorganisation du temps scolaire autour des temps de maximum de concentration vise à recentrer les missions de l'enseignement vers des « apprentissages fondamentaux » et donc à renforcer le socle commun des compétences. D'ailleurs, la proposition d’allègement des programmes sans remettre en cause ce socle commun, risque d'aller vers un minimum de connaissances pour les élèves, que la CGTR EDUC'ACTION dénonce, et traduit la volonté du gouvernement d'un minimum pour tous au détriment de la réussite de tous les élèves.
Lors de son intervention au congrès des Maires de France, le Président de la République a annoncé que la réforme des rythmes scolaires pourrait s'étaler sur deux rentrées. Aujourd'hui, il apparaît que les conseils municipaux ont jusqu'au 1er mars prochain pour déclarer leur intention de passer à 4,5 jours ou de rester à 4 jours à la rentrée 2013.
Si la décision de l'organisation de la semaine scolaire relève de ’Éducation Nationale et du Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale du département,il appartient aux maires de proposer les modalités de cette organisation dans leur commune.
Pour toutes ces raisons, la CGTR Educ'action exige le retrait de cette réforme en l'état, la réouverture de réelles négociations sur une autre réforme en faveur de la réussite des élèves.
Elle demande aux élus de ne pas mettre en place cette réforme à la rentrée 2013 et en tout état de cause de consulter les personnels enseignants avant toute décision.
La CGTR Educ'Action appelle l'ensemble des personnels à faire entendre leur point de vue et à exprimer leur exigence de report vis-à-vis des collectivités locales. Elle appelle l'ensemble des personnels à être en grève le jeudi 31 janvier 2013 , à se rassembler , à l'appel de l'intersyndicale devant les grilles du rectorat à 9h30
La CGTR Educ'Action souhaite qu'un suite soit donnée à cette action sur cette question et sur celle de la Loi d'orientation qui ouvre notamment la voie à la régionalisation de l'education nationale


