Roche Ecrite : Hélico ou tuit-tuit, il faudra choisir

A la Roche Ecrite, plus ça change moins ça change. Souvenez- vous, on avait parlé l’année dernière du chantier de rénovation du gîte. Interrompu fin décembre, faute d'approvisionnement en matériel, puis repris, l’entreprise sous la responsabilité de l’office avait devant elle, plusieurs mois pour se faire livrer les matériaux par hélico et terminer les travaux avant la nouvelle période de nidification du tuit –tuit, coracina newtoni, oiseau endémique fortement menacé d’extinction parce qu’il ne reste que 30 couples.
Des couples qui ne produisent qu'un oeuf par an, un faible taux de reproduction qui plus est, mis à mal par les rats et les chats marrons auxquels s’ajoute le vol des hélicoptères, un vacarme que bien tardivement, pour ne pas faire de peine, on suppose, à l'ONF, le Parc National a essayé d'enrayer, en "pondant" un arrêté interdisant le survol en hélico de la zone de reproduction du tuit-tuit entre le 1er août et le 31 mars de chaque année. Une interdiction de survol, qui rappelons- le inclut la zone du gîte.
Du fait de cette réglementation, le gîteur doit désormais se faire approvisionner en hélico sur une plateforme située 900 mètres au dessus de son local et cela durant toute la période de reproduction, au lieu de la DZ située tout près du gîte. Un arrêté qui va également le contraindre à transporter ses déchets, eux aussi évacués par hélico, toujours dans cette zone des 900 mètres.
Le gîteur saura t-il faire face à ses nouvelles obligations? Qui va vérifier ? Qui contrôle que la poursuite du chantier inachevé du nouveau gîte, va se faire sans survol en hélico de la zone de reproduction du tuit tuit ? Pas l'ONF c'est certain puisqu'il a fallu ferrailler avec elle pour imposer cette nouvelle réglementation. Pas le Parc non plus, puisqu’il n’arrête pas de "pondre" des dérogations à sa propre règlementation, comme il vient de le faire récemment en autorisant la dépose de matériaux en hélico!!!
Autant de questions embarrassantes qui font craindre pour l'avenir du tuit-tuit, aujourd'hui en pleine période de reproduction. Tout cela sans parler des risques d'incendie toujours présents à la Roche Ecrite. Des risques accentués par le désengagement de l'Etat et de la Région concernant le maintient en place des éco-gardes, qui jusqu'à maintenant jouaient le rôle de sentinelle face à ce danger.
En résumé, les dangers qui planent sur la survie de notre endémique sont plus que réels. L’incapacité du Parc national, chargé du dossier, à anticiper est en partie responsable de cette situation.
Il est plus que temps de réveiller ce beau monde et leur rappeler que c’est sur le terrain que cela se passe pas dans les bureaux !
On fête ces temps-ci l’anniversaire de l’inscription au patrimoine de l’Unesco. C’est à pleurer...
Signé : les Amis du tuit-tuit


