Retour au calme pour la grippe, vigilance renforcée sur la leptospirose et le chikungunya

Après deux semaines de tension sur les urgences, la situation liée aux syndromes grippaux se normalise à La Réunion. Le dernier bulletin de Santé publique France confirme en revanche l’entrée dans la période à risque pour la leptospirose et appelle à la vigilance face au chikungunya et au Mpox dans la zone océan Indien.
La pression sanitaire liée aux infections respiratoires commence à retomber à La Réunion. Selon le bulletin de surveillance épidémiologique publié ce 23 janvier par Santé publique France, les indicateurs des syndromes grippaux sont en nette baisse lors de la semaine du 12 au 18 janvier 2026, après deux semaines de hausse consécutives.
Le nombre de passages aux urgences pour grippe a chuté de 43 %, passant de 76 à 44 en une semaine. Les hospitalisations suivent la même tendance, avec huit admissions contre dix la semaine précédente. En médecine de ville, la part des consultations pour infection respiratoire aiguë reste stable. Sur le plan virologique, la circulation des virus grippaux est jugée faible, avec seulement sept prélèvements positifs et un taux de positivité de 4,2 %. Trois types de souches ont toutefois été identifiés : des grippes de type B, ainsi que des grippes A(H3N2) et A(H1).
La bronchiolite recule, mais le virus reste très présent
Chez les enfants de moins de deux ans, tous les indicateurs liés à la bronchiolite sont également orientés à la baisse. Les passages aux urgences diminuent légèrement, de 22 à 19, et les hospitalisations reculent plus nettement, de 14 à 8 en une semaine. La part de la bronchiolite dans l’ensemble des hospitalisations pédiatriques diminue aussi.
En revanche, le taux de positivité du virus respiratoire syncytial (VRS) progresse fortement, atteignant 39 % contre 7 % la semaine précédente, avec une circulation majoritaire du VRS de type B. Une situation qui incite les autorités sanitaires à maintenir une surveillance étroite malgré l’amélioration clinique observée.
La leptospirose entre dans sa période à risque
Avec l’arrivée de la saison des pluies, Santé publique France alerte sur l’entrée dans la période habituelle de recrudescence de la leptospirose. Cette maladie, endémique à La Réunion, est favorisée par les conditions humides et la survie de la bactérie dans l’eau douce. Depuis le début de l’année 2026, neuf cas ont déjà été déclarés à l’ARS, dont deux survenus fin 2025.
Les autorités sanitaires rappellent que le diagnostic doit être évoqué devant toute exposition à risque associée à des symptômes compatibles, afin de permettre une prise en charge précoce et d’éviter les formes graves.
Chikungunya et Mpox sous surveillance dans la zone
La situation régionale fait également l’objet d’une attention particulière. À Mayotte, une recrudescence du chikungunya est observée depuis début janvier, avec neuf nouveaux cas confirmés en une semaine et onze depuis le début de l’année. À La Réunion, un cas récent a été signalé chez une personne de retour des Seychelles. Tout cas suspect d’arbovirose doit faire l’objet d’une confirmation rapide en laboratoire.
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Concernant le Mpox, des cas confirmés et suspects sont toujours signalés à Madagascar. Les autorités appellent à signaler sans délai toute suspicion clinique, notamment en cas de retour de la Grande Île ou de contact avec des voyageurs en provenance de cette zone.
Une hausse ponctuelle de la mortalité, sans surmortalité avérée
Sur le volet de la mortalité, 132 décès toutes causes confondues ont été enregistrés lors de la première semaine de 2026, un chiffre supérieur au niveau attendu. Chez les plus de 65 ans, 96 décès ont été recensés, également au-dessus des prévisions. Santé publique France estime toutefois que cette hausse peut correspondre à une fluctuation habituelle de la mortalité hebdomadaire et ne constitue pas, à ce stade, un épisode de surmortalité.
Dans ce contexte, les autorités sanitaires rappellent l’importance de la vigilance individuelle et collective, alors que la saison des pluies et les circulations virales régionales créent un terrain propice à la reprise de certaines épidémies.


