Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Rentrée du prof

Aujourd’hui Geô vous fait grimper non pas aux rideaux (quoi que si vous êtes jeune et jolie...) mais à bord de son simulateur pour vous mettre dans la peau d’un prof un jour fatidique et dramatique de rentrée.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 26 mars 2010 à 09H17

Aucune image à la une trouvée pour cet article.

En cette belle matinée, alors qu’il a fait un temps exécrable toutes les vacances durant, le prof n’est pas dans son assiette. Il maugrée, il grommelle, il fulmine, il "mogrolmine" en quelque sorte. Il vit l’un des cinq jours noirs de l’année, celui de la reprise. Habitué aux odyssées oisives, il n’a eu que deux petites semaines pour décompresser. Comprenez-le voyons, ça passe vite !

A quelques mètres de la salle des profs maintenant, il a le pas aussi lourd qu’il a eu le pied léger sur l’accélérateur. Il pénètre enfin dans l'antre des enseignants et retrouve ses collègues, des visages amis qui lui sourient. Il y a bien deux, trois dépressifs, ceux-là cherchent un réconfort visuel, une souffrance partagée. Le prof aime bien les rentrées finalement, il papote avec les siens, prend de leurs nouvelles, lâche la sempiternelle blague: "Hé, au fait, c'est quand les vacances? Ha, ha, ha!". Un détail en passant, sachez que pour briller en salle des profs un jour de rentrée, il faut "partir". "Partir" c’est le top du top, le nec plus ultra, la condition sine qua non de vacances réussies. Si vous avez mis à profit vos congés pour faire le Grand Raid aller-retour sur les mains ou du rodéo à dos de requin lors d’une plongée niveau IV, vous êtes un ringard. En revanche si vous avez effectué disons 9.500 kilomètres pour aller embrasser toute la famille, bien vous reposer (c’est important) et faire un tour au marché du village, en gros vous emmerder grave, là vous êtes in, vous êtes chébran.

Vient le moment décisif où le prof retrouve une masse d'opossums mous, communément appelés élèves. Un mot sur le boutonneux. Ah qu'il était content de partir en vacances, heureux comme jamais d'avoir tout ce temps de libre pour... pour... ne rien faire au final. Il s'est pourtant précipité sur Facebook pour "lâcher un com’", partager sa joie avec ses petits camarades et envoyer son cortège de profs se faire (CENSURÉ). Le prof, lui, se dit qu’il les aime bien finalement, même Steve-Arno dont le sommeil est de loin ce qu’il a de plus profond, même Libellula qui a le QI d’une d’huitre. Quand les visages s'animent enfin, il pense qu'il a bien de la chance de les avoir en face. Dépourvus de rides et autres stigmates du temps, ils respirent la fraîcheur, la candeur. Le mot crise pour le boutonneux est synonyme de caprice. De fait si le prof fait preuve d’amour, d’humour, d’ "amhur" en somme (diantre, voilà que je me mets à faire de mauvaises imitations de Johnny), on l’écoutera.

Et puis quoi qu’il arrive, dans six semaines, on remet ça.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :