"Racket organisé", "fausse classe moyenne" : le PCR lâche tout avant le 1er mai

À l’approche de la fête du Travail, le Parti communiste réunionnais durcit le ton. Dans un communiqué diffusé mardi 28 avril, il critique frontalement la départementalisation, accuse l’État et les grands groupes d’entretenir la dépendance économique et appelle à une mobilisation massive ce 1er mai.
Au Port, le ton est offensif à quelques jours du 1er mai. Dans un communiqué diffusé ce mardi 28 avril, le Parti communiste réunionnais inscrit la mobilisation dans une "lutte permanente" et dénonce une crise structurelle qu’il juge ancienne et aggravée.
Le PCR affirme que "la départementalisation a cherché par tous les moyens à maintenir la structure coloniale de la société réunionnaise", évoquant une "profonde aliénation vis-à-vis de l’Occident". Selon le parti, ce modèle aurait installé une société divisée entre "bénéficiaires du système dépendant des subsides" et une majorité de "pauvres", confrontés à "la pénurie d’emplois" et à une forte vulnérabilité économique.
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Dans ce contexte, la question du coût de la vie revient au cœur du discours. Le PCR pointe une "bulle financière responsable de la vie trop chère" et estime que la dépendance aux transferts sociaux masque une réalité sociale plus dure. "Une partie d’entre eux appartient à une classe moyenne qui n’existe pas à La Réunion", avance le communiqué.
Le parti s’attaque également à la filière canne-sucre, pilier historique de l’économie locale. Il accuse la stratégie industrielle menée depuis la fin des quotas sucriers en 2017 d’avoir "conduit à un effondrement de la production", mettant en danger "notre souveraineté alimentaire". La dépendance accrue aux importations est jugée préoccupante, alors que "des milliers d’hectares de terres en friche pourraient être mobilisés".
"Arrêter d'augmenter les prix"
Autre cible, le secteur énergétique. Le PCR dénonce "le sabotage du plan d’autonomie énergétique" et évoque un "racket organisé" après "plus de 60 % de hausse du prix hors-taxe du gazole le 1er avril dernier". Une augmentation qui, selon lui, a des "répercussions sur tous les prix", dans une économie fortement dépendante des importations de carburants. Le parti accuse "des géants français du secteur énergétique" de bénéficier de la situation, avec la complicité des pouvoirs publics qui "distribuent de l’argent public pour compenser la hausse des profits des actionnaires".
Face à ce constat, le PCR dit mener "une campagne de conscientisation de la population" et appelle à "relancer le plan d’autonomie énergétique". Dans l’immédiat, il demande "d’arrêter d’augmenter les prix".
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Plus largement, le parti estime que "le contexte social du 1er mai 2026 illustre la faillite de la départementalisation" et appelle à "rompre avec ce système par la responsabilité des Réunionnais". Il soutient la proposition de l’intersyndicale pour "un plan de création de 100.000 emplois à La Réunion", estimant que "la dynamique peut être enclenchée en développant l’autonomie énergétique et alimentaire".
Le PCR appelle enfin à une forte mobilisation lors du défilé du 1er mai au Port, invitant "ses militants et ses sympathisants à y contribuer", dans ce qu’il présente comme un moment clé de revendication sociale et politique.


