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Quel traitement pour nos déchets ? Si on pouvait réfléchir à un avenir avec beaucoup moins de dépendance au charbon ?

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 23 juin 2016 à 10H18

La gestion de nos déchets doit répondre au quotidien,  à 4 principes bien simples.

-    1) D'abord, éduquer tout un chacun d'entre nous car le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas, c'est la prévention. Cette prévention concerne aussi bien les citoyens, les collectivités, sans oublier le monde économique. Car, ce dernier en égard à la responsabilité élargie du producteur se doit non seulement de participer et aussi de trouver avec toutes les collectivités, des solutions.
 
    •    2) Ensuite, bien trier pour valoriser les matières  (verre, plastiques, cartons, emballages divers, déchets verts...)  en fonction,  si possible de débouchés existants ou en s’efforçant de créer ces débouchés (ils existent déjà, crées par la volonté politique des collectivités ou sont en cours), d’abord sur l’île, c’est l’Economie Circulaire, (ensuite en dehors de l’île, de préférence dans l’Océan Indien, question de limiter les coûts de transport et notre bilan carbone, lors que les filières le permettent économiquement (selon les fluctuations des marchés de matière premières). Et question aussi de travailler avec et de faire travailler nos îles sœurs, konm di Kréol : inn min i lave lot.
Tous les acteurs doivent se mobiliser : usagers, collectivités, entreprises...

-    3) Puis, proposer de valoriser les matières organiques par le retour aux champs des déchets transformés sous forme d’amendement de qualité, pour éviter l’appauvrissement de nos sols suite à une fertilisation chimique par l’engrais trop souvent répétée.

-    4) Enfin, de ce qui n’aura pu être trié et valorisé : fabriquer de l'énergie , comme le recommande fortement la loi sur la Transition Energétique et la Croissance Verte (LTECV), pour sortir d’une production d’électricité  issue principalement de l’énergie fossile (charbon), pour nos prochaines années.

En effet, pourquoi  continuer à utiliser  l’énergie fossile pour produire notre électricité alors que nous pouvons en fabriquer nous-mêmes?
 
Toutes ces étapes ont d'objectif d'éviter la dernière, la moins écologique et la plus dangereuse, à savoir l'enfouissement sans aucun traitement de nos déchets, comme cela se pratique depuis des décennies à La Réunion. Elles servent aussi à éviter l’incinération pure et dure : on met tout dedans et personne ne fait un effort. Certes, ce n’est pas la solution. La solution est citoyenne. Et elles passent aussi par des textes politiques forts et audacieux : " Au niveau mondial, les énergies fossiles reçoivent entre 650 et 1 000 milliards d'euros de subventions par an. Si l'on en affectait seulement 10 % à la transition énergétique, ce serait déjà un grand pas…  " cf N Hulot

Or, actuellement La Réunion n’a fait que favoriser l'enfouissement de ses déchets depuis plus de 20 ans, et à chaque fois qu’il a fallu prendre des décisions, elle préfère polémiquer, et cela continue. Pendant ce temps, elle cache ses déchets dans son sous-sol et ne garantit pas la santé des usagers actuels ni celle de ses générations futures.

Cela fait donc plus de 20 ans que La Réunion met en péril ses ressources en eau, sanctuarise ses sols car il faut savoir que nos anciennes décharges d’ordures ménagères doivent être mises sous surveillance pendant près de 30 ans après leur exploitation.

Continuer à enfouir ? : la question ne se pose plus.  

 Alors, pourquoi La Réunion devrait se priver de produire de l'énergie avec nos déchets au tonnage nettement diminué, une fois que nous aurons retiré tout ce qui peut être valorisé grâce à un véritable plan de réduction de déchets à la source réfléchi et porté par TOUS ? Nous sommes tous responsables.

Pourquoi devrions CONTINUER à importer plus d’énergie fossile, plus de charbon ou de fioul pour que nos populations,  puissent disposer de l’énergie suffisante et nous priver demain de la possibilité de la fabriquer nous-même, en créant aussi en plus de l’expansion de l’utilisation des énergies renouvelables, une forte Économie Circulaire et en répondant ainsi aux besoins croissants d’électricité dans nos villes  et à l’avenir ?

Il faut sortir du débat qui limite nos champs de solutions et favorise des lobbyings, qui n’ont eu jusqu’à présent qu’une conséquence   : la pollution de nos sols, et une dépendance énergétique dangereuse.

L’enjeu actuel des déchets à La Réunion ne consiste pas à décider entre :
- le rêve d’une situation idéale de type "  sans  déchet  "  que nous n’atteindrons pas avant quelques décennies car Éduquer les gens prend du temps,  
- et  incinération ou non.  Ce qui n’est pas souhaitable.

L’enjeu véritable, compte tenu du retard que nous avons pris, est de savoir ce que nous pourrions faire, en attendant de produire moins de déchets.

Ce qui est certain c’est qu’il nous faut élargir nos horizons, accroitre notre volonté commune de trouver des solutions possibles pour le traitement de nos déchets d’aujourd’hui, en développant des solutions pragmatiques et saines, il nous faut mutualiser nos intelligences et trouver la meilleure solution par laquelle passe, bien entendu, le développement de l’utilisation des Énergies Renouvelables partout sur l’île et dans tous nos foyers.

Des solutions plurielles qui ne seront pas contraires au tri, au recyclage et à la valorisation énergétique, ceci en attendant un monde à venir ou le réemploi sera total et donc, avec lui, un chômage, moins présent à La Réunion.
Nous y travaillons. Mais comme je l’ai écrit en amont : NOUS SOMMES TOUS RESPONSABLES DE NOTRE AVENIR. Ce n’est pas si simple et cela nous demande des efforts au quotidien… mais cela vaut le coup !

Yvette DUCHEMANN, élue écologiste

 

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