Revenir à la rubrique : Economie | Société

PSE à la SPL Estival : le collectif "On n’est pas des pantins" dénonce les choix des syndicats majoritaires

Ecrit par N.P. – le dimanche 24 novembre 2024 à 09H17


Menacés par un plan social massif et une possible liquidation, les salariés de la SPL Estival appellent à l’unité. Le collectif "On n'est pas des pantins" dénonce la gestion passée et les divisions syndicales, appelant à sauver l’entreprise ensemble.


Lors du Comité social et économique (CSE) de ce mercredi 20 novembre 2024, la direction de la SPL Estival a présenté officiellement son Plan de sauvegarde pour l'emploi (PSE) aux représentants des salariés. Ce plan, élaboré sur les recommandations de l’administrateur judiciaire, prévoit 26 suppressions de postes ainsi qu’une réduction des salaires, plongeant l’entreprise dans une nouvelle crise sociale. Le collectif de salariés "On n'est pas des pantins" s'est une nouvelle fois exprimé pour dénoncer les positions jugées incohérentes des syndicats majoritaires.

Lire aussi : "On n’acceptera pas" : tensions autour du plan de redressement de la SPL Estival

"Qu’en est-il du zéro licenciement ?"

Selon le collectif, une question essentielle a été posée lors du CSE par l’administrateur judiciaire : "Êtes-vous pour ou contre la liquidation ?" Une interrogation qui aurait dû, selon eux, trouver une réponse claire et unanime. Pourtant, seuls deux syndicats, la CFDT et la CFTC, se sont déclarés contre, tandis que l'intersyndicale (UR974-FO-CGTR) a refusé de se prononcer. "Cette réponse qui selon les salariés doit être évidente de la part des syndicats censés se battre la sauvegarde de l’activité et de l’emploi a suscité de l’incompréhension et de la colère", souligne un porte-parole du collectif.

Le collectif critique vivement les propos de la déléguée syndicale FO qui aurait affirmé à la sortie du CSE : "Ce ne sont pas ceux qui ont 19 ans de service qui doivent partir, mais les 30 derniers arrivés." Une déclaration perçue par le collectif comme contraire au principe de "zéro licenciement" défendu par l’intersyndicale. Pire encore, selon le collectif, celle-ci aurait ciblé deux services – la gare routière et le transport scolaire – en demandant pourquoi ils n’étaient pas inclus dans le PSE. "Du coup qu’en est-il du zéro licenciement ? ", s’interrogent les salariés.

Une défiance croissante envers les syndicats

Le plan prévoit également une réduction du point d’indice, une mesure que l’intersyndicale aurait qualifiée de "baisse de salaire". Mais pour le collectif, il s’agit d’une "manipulation" : "Ce n’est pas vraiment une baisse de salaire mais plutôt la révocation du point d’indice repassant de 9.42 à 8.65 dire aux salariés que c’est une baisse de salaire nous semble hypocrite".

Conscient des erreurs de gestion qui ont conduit à cette situation, le collectif appelle néanmoins à une union pour sauver l’entreprise : "Ce n’est pas aux salariés de payer pour les dérives financières, mais nous devons rester soudés."

Lire aussi : Suppression d’emplois à Estival : la CIREST rassure, Lutte ouvrière s’insurge

La tension ne cesse de monter au sein de l’entreprise. Depuis la présentation du PSE, une pétition circule parmi les salariés, récoltant déjà une centaine de signatures assure le collectif. Ce qui montre pour ce dernier "la prise de conscience et le refus d’être piloté par des syndicalistes qui ne travaille pas dans l’intérêt des salariés".  

Enfin, les membres du collectif ont pris contact avec l’administrateur judiciaire afin de partager leurs préoccupations. Ils espèrent une issue favorable qui permettra à la SPL Estival de surmonter cette épreuve sans précipiter la liquidation mais aussi de faire part de leur mécontentement "sur l’attitude arbitraire et les décisions prises de manière unilatérale par l’intersyndicale".

Etiquettes : SPL Estival

Dans la même rubrique

0💬
Tri :