Procès des assistants parlementaires du RN : Marine Le Pen risque l'inéligibilité

Le dossier, qui a débuté le 30 septembre, repose sur des soupçons d'emplois fictifs, dans le cadre selon le Parquet d'un "système de gestion centralisé" mis en place pour détourner les fonds alloués aux assistants parlementaires du Parlement européen.
Selon l'accusation, les 21.000 euros mensuels alloués à chaque député européen pour rémunérer ses assistants auraient été utilisés pour financer des salariés travaillant pour le parti, dans des rôles tels que garde du corps, graphiste ou secrétaire. Ce système aurait permis de soulager les finances du RN, en détournant de l'argent censé financer des activités légitimes au Parlement européen.
Une défense farouche et des preuves accablantes
Malgré la présence assidue de Marine Le Pen, qui a défendu son innocence tout au long du procès, l'accusation a présenté des preuves matérielles et des témoignages pointant l'absence de travail effectué par certains des assistants parlementaires censés être rémunérés pour leurs activités au sein du Parlement européen. Des échanges de mails et des déclarations contradictoires ont renforcé les accusations de malversations.
L'une des procureures a souligné que les prévenus n'avaient pas réussi à justifier la réalité de leurs emplois et à prouver qu'ils avaient bien travaillé pour le Parlement européen, comme l'exige le règlement intérieur de l'institution.
Après plusieurs semaines de procédure, le parquet a requis des peines sévères, en particulier une peine d'inéligibilité pour Marine Le Pen, qui pourrait être exécutée immédiatement en cas de condamnation, l'empêchant ainsi de se présenter à toute élection, y compris celle de la présidence de la République en 2027, pour laquelle elle nourrit des ambitions.
Une procédure judiciaire "plus que branlante", juge Marine Le Pen
Outre la peine d'inéligibilité, le parquet a demandé cinq ans de prison, dont deux fermes aménageables, ainsi qu'une amende de 300.000 euros. Marine Le Pen risque jusqu'à dix ans de prison et une amende d'un million d'euros si elle est condamnée pour détournement de fonds publics. La présidente des députés RN continue de clamer son innocence, qualifiant la procédure judiciaire de "plus que branlante".
Ce procès, très suivi en raison des implications politiques et personnelles de Marine Le Pen, continuera lundi prochain avec les plaidoiries de la défense, qui devraient s'étendre sur deux semaines.


