Politiciens vereux (rafraichissons nous la mémoire!)
Aucune image à la une trouvée pour cet article.
Hugues Salvan Saint-Philippe :
Avec deux condamnations, deux séjours en prison en détention provisoire (2003 et 2006), une grâce présidentielle, deux relaxes et une mise en examen, Hugues Salvan est l’élu sudiste le plus “titré” en matière judiciaire.
Candidat à sa propre succession en mars prochain, le maire de Saint-Philippe s’est encore retrouvé jeudi devant la cour d’appel (délibéré au 17 avril) pour l’affaire des emplois fictifs, qui lui a valu en mars 2007 une condamnation à un an de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité.
Une inéligibilité déjà prononcée à son encontre dans une affaire de menaces sur des électeurs, en vue d’influencer leur vote.
Souvent condamné, Hugues Salvan a aussi régulièrement été relaxé et il a même bénéficié d’une grâce présidentielle en décembre 1996.
Reste maintenant à savoir l’issue judiciaire de sa dernière mise en examen en septembre 2006 pour corruption passive, détournement de fonds publics, délit de favoritisme, faux et usage de faux dans l’affaire des marchés informatiques de la Civis. Un dossier où il est encore présumé innocent.
Gilbert Annette Saint-Denis :
Le 4 décembre 1997, il est condamné par la cour d’appel à 3 ans de prison, dont 2 ans avec sursis. Après avoir annoncé un pourvoi en cassation, il se désiste et accepte la peine. En juillet 1998, Gilbert Annette est incarcéré à la maison d’arrêt du Port. L’affaire de la mairie de Saint-Denis éclate en 1994 avec les premières mises en examen. Politiques dionysiens, capitaines d’industrie locaux, affairistes, porteurs de valises et divers responsables de la Compagnie générale des eaux (CGE) défilent dans les cabinets d’instruction. Pendant le procès, la CGE finit par reconnaître “un financement occulte du parti politique” (4 millions de francs) et Gilbert Annette admet son rôle actif dans la mise en place “d’un système de financement parallèle”.
Elie Hoarau Saint-Pierre :
Si l’affaire des marchés Firinga, qui a longtemps défrayé la chronique à Saint-Pierre, s’est conclue par une relaxe pour l’ancien député-maire communiste soupçonné de corruption passive, Elie Hoarau n’a pas échappé à une condamnation dans l’affaire de la fraude électorale de 1989.
Au soir du premier tour des municipales, Elie Hoarau s’était alors autoproclamé élu en annulant les voix engrangées par les listes Denuzière et Passinay, sous prétexte que leurs bulletins déposés n’étaient pas conformes à leurs déclarations. Elie Hoarau a été condamné le 6 juillet 2000 par la cour d’appel de Saint-Denis pour complicité d’altération volontaire des résultats d’un scrutin à une peine d’un an de prison avec sursis, 50000 francs d’amende ainsi qu’à trois ans d’inéligibilité. Une condamnation devenue définitive après l’arrêt de la cour de cassation du 27 mars 2001 qui contraint quatre mois plus tard Elie Hoarau à démissionner de son mandat de député.
Jean-Louis Lagourgue Sainte-Marie :
Le 25 mai 2000, Jean-Louis Lagourgue est condamné par la cour d’appel à 9 mois de prison avec sursis et 50.000 francs d’amende pour complicité de banqueroute dans l’affaire de la Caisse d’Epargne. Mais le maire est amnistié par la loi de 1995. Le scandale de la Caisse d’épargne avait commencé en 1991. A l’époque, Jean-Louis Lagourgue avait été contraint de démissionner de son poste de directeur suite à un contrôle qui avait révélé un trou de 280 millions de francs. On lui reprochait également des présentations de faux bilan et des accords de prêts sans garantie. Dans son malheur, le premier magistrat obtiendra quatre non-lieux sur les faits de corruption, abus de biens sociaux, faux et usages de faux et détournements de fonds publics.
Paul-Franco Técher Cilaos :
Le maire sortant Paul Técher a déjà deux condamnations à son actif et une mise en examen en cours. La première condamnation pour harcèlement et violence lui a valu une amende de 3.000 euros en décembre 2006 devant la cour d’appel, dont le jugement a été infirmé par la Cour de cassation. Ce dossier impliquant une employée communale “proche” de l’ancien maire Jacques Técher doit être rejugé devant la cour d’appel de Paris.
Dans un autre dossier, Paul Técher a été condamné encore à 3.000 euros d’amende, cette fois pour prise illégale d’intérêts après avoir fait embaucher l’une de ses amies à la piscine municipale.
Enfin, le maire de Cilaos n’en a pas fini avec la justice avec une autre affaire de prise illégale d’intérêts, délit de favoritisme, faux et usage de faux concernant l’aménagement de la RD 41. Un dossier dans lequel il reste toujours présumé innocent.
Maurice Gironcel Sainte-Suzanne :
Le 23 mars 2007, Maurice Gironcel est condamné pour détournement de fonds publics dans le dossier des emplois fictifs, à 4 mois de prison avec sursis, 5.000 euros d’amende et un an d’inéligibilité.
Il est également condamné dans le dossier dit “des chemins bétonnés”, pour les délits de favoritisme et détournement publics, à une peine de huit mois d’emprisonnement avec sursis, 5.000 euros d’amende et un an d’inéligibilité.
Mais le maire est blanchi dans l’affaire du kiosque et du boulodrome, ainsi que dans le dossier des travaux de rénovation de l’OMS et de l’OMCTL et dans le dossier des travaux de restructuration du stade Lucet-Langenier. Tous ces dossiers seront jugés prochainement en appel.
Le 12 décembre 2007, il est mis en examen dans un nouveau dossier pour délit et recel de favoritisme, avec un quincaillier de sa commune soupçonné d’avoir été favorisé par l’édile.
Jean-Luc Poudroux Saint-Leu :
Le maire de Saint-Leu est accusé d’avoir fait attribuer le marché des transports scolaires de sa ville à la compagnie Moolan, en échange d’une contrepartie financière. Au lieu d’être découpé en six lots, le marché est attribué à un seul prestataire. Et ce avec la complicité du conseil général et d’Éric Boyer. En première instance, Jean-Luc Poudroux est condamné à un an de prison avec sursis et 50.000 francs d’amende, ainsi que la privation de ses droits civiques pendant trois ans. Le 29 juillet 2004, la cour d’appel transforme la peine en 18 mois de sursis et 20 000 euros d’amende et ne sera pas inscrite sur son casier. Le maire n’est pas privé de ses droits civiques mais est condamné à rembourser deux millions de francs au Département solidairement avec les autres prévenus.
Lilian Malet La Possession :
Le 16 décembre 1999, le premier adjoint à la mairie de la Possession est condamné par la cour d’appel de Saint-Denis à 18 mois de prison avec sursis, 200.000 francs d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Poursuivi pour prise illégale d’intérêt, Lilian Malet est reconnu coupable d’avoir effectué une plus-value de 800.000 francs dans une affaire de déclassement de terrains. Les faits remontent à 1984. L’élu communiste et adjoint à l’urbanisme acquiert près de dix-huit hectares de terres agricoles sur sa commune. Quelques années plus tard, sa parcelle est déclassée en zone constructible. Il la revend alors que le prix a été multiplié par 10. En janvier 2001, la cour de cassation confirme le jugement et demande son exécution.
Axel Kichenin Sainte-Marie :
Le docteur Axel Kichenin, maire de Sainte-Marie, est incarcéré le 21 août 1984 à l’issue de sa mise en examen dans un dossier de fausses déclarations de créance et de subornation de témoins. A l’époque, l’affaire provoque un incroyable tollé et les partisans de l’élu occupent les abords de la maison d’arrêt de la rue Juliette-Dodu à Saint-Denis. L’opération s’avère efficace, puisque le premier magistrat de la ville est remis en liberté trois jours après, le 24 août. Condamné à du sursis, il sera finalement amnistié au moment de la réélection du président Mitterrand.
Claude Hoarau Saint-Louis :
Candidat à Saint-Louis, dont il a été le maire, Claude Hoarau n’est pas un inconnu des salles d’audience. Si d’ordinaire il est là pour soutenir les “camarades” inquiétés par la justice, il s’est déjà retrouvé lui aussi à la barre des prévenus.
Ce fut le cas en 1999 devant la cour d’appel de Saint-Denis, qui l’a condamné à 6 mois de prison avec sursis et 20.000 francs d’amende pour complicité de violences et de dégradations. Des faits commis en juillet 1996 et janvier 1997 dans le Sud lors des manifestations de soutien à Pierre Vergès. Les deux ans d’inéligibilité prononcés à l’encontre de Claude Hoarau en première instance n’ont pas été repris par la cour d’appel.
Michel Fontaine Saint-Pierre :
Mis en examen pour détournement de fonds publics et délit de favoritisme dans l’affaire des marchés informatiques truqués de la Civis, Michel Fontaine a échappé de peu à la détention provisoire le 21 septembre 2006. Au terme de sa garde à vue, le juge des libertés l’a remis en liberté sous contrôle judiciaire et il reste toujours présumé innocent. L’instruction de ce dossier qui implique également des chefs d’entreprises, des hauts responsables de la Civis, de la Semita et le maire de Saint-Philippe n’est pas encore terminée. Une évaluation provisoire chiffre à plus de quatre millions d’euros les sommes qui auraient été dilapidées de 2002 à 2005 entre différents marchés publics truqués.
Cyrille Hamilcaro Saint-Louis :
Elu en 2001 sous la devise “justice et vérité”, Cyrille Hamilcaro connaît déjà mieux la première et les enquêteurs ont cherché la deuxième sur son implication dans l’affaire Surgine Fontaine. Cette escroquerie aux terrains communaux vaut déjà au maire sortant de Saint-Louis une mise en examen pour recel d’escroquerie et prise illégale d’intérêts, même s’il reste toujours présumé innocent. Au terme de sa garde à vue le 19 avril 2007, il évite le placement en détention provisoire mais pas un contrôle judiciaire lui interdisant de se rendre en mairie ou de rencontrer le personnel municipal. Au cours de son audition, il reconnaît avoir touché de l’argent de Surgine Fontaine qui ira alimenter son compte de campagne. Cet argent, l’ancienne employée de la Civis l’aurait acquis en promettant à des particuliers de juteuses affaires immobilières sur des terrains communaux prétendument en passe d’être déclassés.


