Polémique sur l'alcool : prévention ou calcul politique ?

Le président du département Cyrille Melchior a récemment attaqué, sur fond de polémique, la présidente de région Huguette Bello, concernant sa position contre la taxation des producteurs d'alcool réunionnais.
Dans une déclaration irréfléchie et indirectement accusatoire, M. Melchior a affirmé que, en s'opposant à cette taxe sur l'alcool, Madame Bello favoriserait l'alcoolisme à La Réunion. Cette affirmation est non seulement inexacte, mais elle méconnaît totalement l'engagement de longue date de Madame Bello sur ce sujet.
Depuis de nombreuses années, Huguette Bello mène un combat constant contre le fléau de l'alcoolisme à La Réunion, bien avant l'entrée en politique de M. Melchior. Elle a ainsi initié et soutenu des actions de prévention, appuyé diverses associations de protection des familles et œuvré pour limiter l'influence de la publicité sur les jeunes, démontrant une réelle compréhension du problème.
Il est également essentiel de rappeler que l'alcool reste facilement accessible aux jeunes dans les boîtes de nuit à La Réunion, et ce malgré des prix déjà extrêmement élevés. Une bouteille de whisky, par exemple, peut y être vendue entre 400 et 1.000 euros, ce qui n'empêche pas les jeunes de se la procurer et de consommer.
Taxer davantage les producteurs ne résoudrait donc pas le problème, cela risquerait simplement de provoquer la fermeture de certaines entreprises et sous-traitants, menaçant directement l'emploi de nombreuses familles dans ce secteur. Par ailleurs, une taxation plus élevée pourrait encourager l'importation d'alcool moins cher venant d'Europe ou d'autres pays, sans réduire réellement le fléau de l'alcoolisme sur l'île.
De surcroît, la taxe que M. Melchior soutient rapporterait plusieurs millions d'euros au Département. Ce chiffre laisse penser que sa position est motivée davantage par un intérêt financier pour un département en grande difficulté financière que par une réelle stratégie de prévention contre l'alcoolisme.
Il convient également de replacer cette attaque dans son contexte politique. M. Melchior se présente comme candidat à la mairie de Saint-Paul en mars 2026, face à M. Emmanuel Séraphin. Ce dernier, maire sortant, est en très bonne position pour briguer un second mandat, grâce au travail accompli et reconnu par de nombreux Saint-Paulois. Saint-Paul est aujourd'hui une ville qui a retrouvé sa quiétude et où il fait de nouveau bon vivre. Emmanuel Séraphin bénéficie, par ailleurs, du soutien de la présidente de région.
Parallèlement, M. Melchior est aussi engagé dans une lutte fratricide au sein de son propre camp contre son ancien camarade politique Didier Robert, soutenu, là encore, par son ex-mentor Joseph Sinimalé.
Ce duo, Robert-Sinimalé, constitue un véritable danger politique pour M. Melchior.
Cette situation complexe le déstabilise et influence ses prises de position, qui apparaissent davantage comme un moyen de se faire remarquer médiatiquement et d'exister politiquement à l'approche des élections municipales, plutôt que comme une contribution constructive à la lutte contre l'alcoolisme.
Cette polémique ne grandit ni son auteur, ni ne contribue à la prévention contre ce fléau qu'est l'alcoolisme.
Quant à la présidente de région, elle n'a pas le temps de polémiquer ou de répondre à ces attaques. Elle reste pleinement concentrée sur ses missions et poursuit la mise en œuvre de mesures concrètes au service de la population, notamment en cette période d'entrée scolaire, préférant agir plutôt que polémiquer.
Et M. Melchior lui, il court derrière deux lièvres à la fois, en tant que président de département et veut aussi être maire de Saint-Paul.
Georges Donald POTOLA


