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Plus de 4 kg de zamal chez lui : "Il stocke comme un écureuil"

Parfois les audiences de comparutions immédiates peuvent apparaître insipides sans rien enlever à la gravité des faits jugés. Ce ne fut pas le cas ce vendredi. Un homme devait répondre de faits de trafic de stupéfiants, et ses explications furent quelque peu stupéfiantes.
Ecrit par Régis Labrousse – le vendredi 26 août 2022 à 16H39

Didier B. a 42 ans et fêtera dans quelques jours ses 43. Le 24 août dernier, les policiers remarquent un attroupement de gens devant un bâtiment. Ils s'approchent et en passant près d'un véhicule, sentent une odeur de zamal. Les agents décident de contrôler le chauffeur, Didier B., qui ne nie pas la présence d'un joint dans la boite à gants. Pour autant, l'odeur est trop prononcée à leur goût pour un simple joint. Les policiers demandent alors à Didier B. d'ouvrir le coffre, il accepte. Ils y trouvent un sac avec des rouleaux et des branchages de zamal. En tout, il y a 174 grammes. Le problème, c'est que Didier B. est déjà connu de la justice pour des faits identiques qui datent de février dernier. Une perquisition est donc ordonnée à son domicile. 

Déjà du sous le coup d'un sursis

Les policiers y trouvent la petite réserve de Didier B. de 4,160 gk de zamal. Il est également retrouvé 240 cachets d'artane. Alors que le prévenu a déjà pris un an de sursis en février dernier, le parquet décide de le juger en comparution immédiate pour acquisition, détention, transport et utilisation de stupéfiants.

À la barre, le prévenu tente de s'expliquer. L'artane, il l'obtient sous prescription médicale. Ce n'est pas faux, mais la présidente lui fait remarquer qu'il en a 240 en lieu et place de 100 pour un mois, comme indique son ordonnance. "J'ai été malade à cause de mon genou et j'ai pris des médicaments puissants donc j'ai arrêté l'artane pendant ce temps", explique-t-il. "Pourquoi en garder autant ?", se demande le tribunal qui le rassure car il n'est pas poursuivi pour cela. 

"C'est pas de la vente, c'est de l'échange"

Pour le zamal, c'est différent. "J'ai tout essayé pour mon genou, j'ai des grosses douleurs, c'est pour cela que j'en prends", indique-t-il, alors qu'en garde à vue il disait avoir une consommation festive mais aussi faire des échanges. C'est le terme qu'il utilise plutôt que "vente", qu'il reconnait à demi-mot : "Je vous jure, c'est la première fois. C'est pas de la vente, c'est de l'échange".

"Vous avez pris 1an de prison avec sursis probatoire en février pour les mêmes faits", s'agace la présidente en réponse au prévenu. Reste les 140 euros qu'il avait sur lui. "Je rends des services. J'emmène des gens faire des courses ou j'emmène des gramounes au cimetière. Je ne demande rien, ce sont les gens qui me donnent", dit-il au tribunal. "En fait, vous êtes un taxi marron", rétorque la magistrate. "Non, mais je ne roule pas à l'eau non plus. Je prends ce qu'on me donne", ironise le prévenu. 

"Vous encourrez 20 ans de prison"

Le juge d'application des peines demande la révocation partielle de la peine d'un an de sursis en cours compte tenu de la réitération des faits. Avec la récidive en matière de stupéfiants de février, "vous encourrez 20 ans de prison", lui rappelle la présidente.

"Je serai brève car je suis démunie", tance le parquet. "Il n'a rien écouté en février dernier où il est condamné à 1 an de prison avec sursis. Je vous demande une peine de 18 mois de prison et la révocation partielle du sursis en cours ainsi qu'un mandat de dépôt", requiert la procureure.

"Tout est pour sa consommation personnelle", tente habilement la défense. "Ce sont des quantités qu'il a cumulées au fur et à mesure. Il n'a pas su s'en débarrasser. C'est comme une phobie, une peur du manque. Il stocke comme un écureuil", plaide la défense qui demande une peine aménageable. 

Didier B., qui n'a jamais connu la prison, part ce vendredi soir en détention pour 2 ans. Le tribunal le condamne à 18 mois de prison, révoque 6 mois de sursis et prononce un mandat de dépôt à son encontre. "Je ne peux pas avoir une autre peine ? Je peux avoir une peine aménageable plutôt ?", tente le prévenu avant de repartir sous bonne escorte. "Vous avez dix jours pour faire appel" répond la présidente. 

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