PEUT-ON NOURRIR UNE POLITIQUE DE SANTÉ TOUT EN L’ISOLANT DE LA POLITIQUE SOCIALE ?
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PEUT-ON NOURRIR UNE POLITIQUE DE SANTÉ TOUT EN L’ISOLANT DE LA POLITIQUE SOCIALE ?
La santé serait-elle malade ? Si oui, par qui ? Nous voilà dans l’ère de la nouvelle Loi, Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST) où la logique comptable des hôpitaux, semble le seul antidote pour soigner, non pas la santé, mais, peut-être bien le déficit de la sécurité sociale.
Alors, pour mieux faire passer la pilule, on se le raconte « la recherche de l’efficience » ! Mais, doit-on se suffire de cette réflexion uniquement ? Peut-on penser une politique de santé, tout en l’isolant de la politique sociale comme semble prévoir cette Loi ?
Voilà, le ton du congrès CFDT Santé-Sociaux est donné pour mai, s’annonçant comme un moment important pour le syndicat de porter ses réflexions et ses orientations de ce que la population est confrontée au quotidien. C’est à dire « l’accès légitime d’un soin de qualité pour tous avec une vraie politique sociale».
Mais soyez en convaincu que « l'accessibilité aux soins, à la justice sociale, à l'équité et la solidarité ne semblent pas constituer les principes fondamentaux de nos politiques en matière de santé de notre population ».
La crise, le chômage, les licenciements, la grande précarité, le manque de logement, la pauvreté, la logique de rentabilité des hôpitaux, le stress au travail, le manque de dialogue social…. autant de facteurs qui aggravent notre santé.
Au fait, dans la charte Ottawa, il me semble que la protection et la promotion de la santé doit viser notamment la réduction des inégalités et doit exiger au préalable, l'élaboration et la mise en œuvre de politiques adaptées en matière de logement, d'emploi, d'assainissement du milieu et de sauvegarde de l'environnement, de nutrition et d'actions ciblant en priorité les populations et catégories vulnérables.
Si la santé doit être élevée au rang de priorité dans le programme d'action du gouvernement (charte Ottawa), celle-ci doit passer obligatoirement par des besoins fondamentaux, se nourrir, se loger, travailler, avoir des loisirs etc….
C’est bien l’enjeu de ce siècle, le bien être, et il est le meilleur remède pour la promotion de la santé de notre population.
Alors, les acteurs de la santé et du social que nous sommes, avons-nous conscience suffisante de l’importance de cette question ? Que la promotion de la santé va bien au-delà des soins et que le lien qui unit de façon inextricable les individus et leur milieu constitue la base d’une première approche « socio-écologique » de notre santé ?
Nul doute pour le 21 mai lors du congrès, la CFDT santé-sociaux « ban’na la afit’zot kosé po dir que zaffaires y tourn’ pas ron et ké ban’ politique y tourn à nou cary sou d’ri, Arèt ek sa ».
Néanmoins réflexion, peut-on séparer politique santé et politique sociale ?
Jean Claude COMORASSAMY.


