PCR/PS : Petite leçon d’histoire à l’attention de M. Dupuy
Aucune image à la une trouvée pour cet article.
Dans vos commentaires sur les résultats des Régionales vous revenez à plusieurs reprises sur les relations entre le PCR et le PS. Vous insistez sur un point : à savoir que depuis 20 ans le premier a méprisé le second.
Étant de droite, vous ignorez sans doute les relations compliquées entre ces deux tendances issues de ce que l’on appelle le "mouvement ouvrier". Disons que les communistes ont toujours accusé les socialistes (ou encore les sociaux-démocrates) d’être moins révolutionnaires et de pratiquer la collaboration de classes.
En France, les deux partis ont toujours cherché à dominer l’autre, sinon à l’écraser. François Mitterrand a utilisé la stratégie dit du baiser qui étouffe. Il a lancé le PC participé à l’union de la gauche pour mieux le réduire.
On retrouve, à La Réunion et ce depuis des lustres, ce combat permanent entre les deux tendances.
Les communistes français mais aussi réunionnais ont toujours accusé les socialistes d’avoir mené toutes les guerres coloniales sinon d’être favorables à la colonisation. Juste quelques rapides éléments historiques : la position du "Cartel des gauches" en 1924 et le Maroc ; le rôle du socialiste Marius Moutet, ministre des colonies sous le Front populaire intimant que l’ "Ordre français doit régner en Indochine comme ailleurs", l’écrasement de l’insurrection d’Hanoï par Blum en décembre 46 ;la répression malgache en 1947 sous Daladier et Auriol, le vote des pouvoirs spéciaux en Algérie à Guy Mollet, etc...
A La Réunion, la fraude électorale -sous Perreau Pradier- fut pratiquée sous des gouvernements socialistes ou à participation socialiste.
Lorsque le PCR lance le mot d’ordre d’autonomie, il trouve sur sa route, Albert Ramassamy, membre de la SFIO. Lequel s’alliera avec le clan Virapoullé pour se faire élire sénateur quelques années plusieurs tard. En 1981, Mitterrand se prononce, du bout des lèvres pour l’Assemblée Unique. Qui est votée en décembre. Les frères Virapoullé assurent alors que c’est intentionnellement que le gouvernement socialiste fit référence à l’article 72 de la Constitution et non au 73 pour faire censurer le projet par le Conseil Constitutionnel. En 1986, le PCR lance le mot d’ordre d’égalité sociale. Les socialistes traînent les pieds. En 1988, Mitterrand est réélu. Il s’est prononcé pour l’égalité. Mais pour la première mesure sociale qu’il décide -le RMI- Michel Rocard propose… la parité outre-mer faisant protester les progressistes domiens. Enfin, c’est Michel Vergoz à La Réunion qui fera capoter le projet de bidépartementalisation.
Mais le PCR a surtout retenu un avertissement. En 1992, Paul Quillès, dirigeant national du PS est à La Réunion. Lors d’une rencontre avec ses camarades il leur propose de mettre en œuvre la même tactique appliquée en Métropole : pratiquer le "baiser de la mort", c’est-à-dire embrasser le PCR pour mieux l’étouffer. Il fixe même une échéance en disant que ce parti doit disparaître dans les cinq à venir. Mais, dans la salle se trouve Claude Hoarau. Ce que Quilès ignorait. C’est depuis cette date que le PCR sait que le PS veut sa mort. Et non l’inverse comme vous le dites.
J’espère que cette contribution ne soit pas censurée.
Marc Samuel


