Pas en mon nom

"Pas en mon nom.
Qu'ils soient de droite ou qu'ils soient de gauche, toutes les têtes de liste pour les prochaines élections régionales n'ont qu'un mot à la bouche : faire pour la jeunesse.
Mesdames et messieurs les politiques, s'il vous plaît, ne parlez plus au nom de la jeunesse.
Quand la jeunesse souffre du chômage et de l'exclusion et que les politiques ne prônent que la libéralisation des marchés et la déstructuration du code du travail avec la complicité d'une grande partie de élus locaux, quel est son avenir?
Quand on fait la chasse aux chômeurs et non aux exilés fiscaux qui détournent des milliards d'euros au profit de grands groupes, quel est son avenir ?
Quand au prétexte de défendre la libre concurrence non faussée on favorise la constitution d'une oligarchie financière et prédatrice, au travers des traités internationaux comme le TAFTA, projet dont l'ambition est de nourrir les multinationales, défendu par le PS-UMP-UDI-FN, quel est son avenir ?
Quand un parti dit de gauche permet, avec l'approbation silencieuse de la droite, la remise à plus tard (pour ne pas dire jamais) de l'adoption d'une loi sur la transaction financière en Europe, privant ainsi la jeunesse des investissements d'avenir nécessaires sur l'écologie, sur le social, sur l'économie solidaire quel est son avenir ?
Quand rien n'est fait pour la séparation de la banque de dépôt et de la banque d'investissement, poussant les spéculateurs à jouer avec notre argent en ayant la garantie que l'état, donc nos impôts, leur viendra en aide en cas de coup dur, quel est son avenir ?
Quand elle voit que les lois du marché seront toujours supérieures à la vie des hommes, quand l'économie détruit son cadre de vie, son environnement, sa maison commune pour reprendre l'expression du Pape François, quel est son avenir ?
Quand une ministre socialiste de l'écologie autorise les forages pétroliers, qu'un président de région hypothèque l'avenir de sa région avec un projet pharaonique, quand un ancien Président de la République veut liquider l'héritage du Général et du Conseil National de la Résistance, lorsqu'il s'attaque à la sécurité sociale et lorsqu'il met en avant l'exploitation du gaz de schiste mettant fin, encore une fois, à toute autre alternative, c'est l'avenir de la jeunesse qu'il sacrifie sur l'autel du capitalisme financier. Encore une fois quel est son avenir ?
Quand elle meurt lorsqu'elle manifeste pacifiquement comme à Sivens, parcequ'elle était un semeur d'espérance, quel est son avenir ?
Quel modèle pour la jeunesse et quel exemple ?
Quand on licencie 14 000 personnes et que l'on est récompensé par des millions d'euros de bonus.
Quand on triche, que l'on est un spécialiste de l'évasion fiscale et que l'on est nommé à la tête de l'Europe à l'instar de M.Juncker.
Quand on est condamné et que l'on se représente aux élections.
Quand on ne remet en question la démocratie, le pouvoir du peuple, comme en Grèce en 2015, comme en France en 2007.
Enfin quel avenir pour la jeunesse quand, d'un coté, on veut nous faire croire que localement tout sera possible alors que le carcan européano capitaliste, tel qu'il est constitué par les traités néolibéraux, voit son pouvoir sur les collectivités territoriales augmenté ? Il n'y a qu'à voir les réformes sur le découpage territorial et la baisse des dotations de l'Etat au profit d'une dette privée devenue souveraine pour s'en convaincre.
Ce temps doit être révolu.
La jeunesse ne vous attendra pas pour se réveiller, elle se réveille déjà, elle ne se révolte pas, elle est pacifiste, elle ne s'exprime pas encore mais son silence est évocateur ; elle ne prépare pas l'alternance mais l'alternative intégrale.
Ils nous disent matin, midi et soir, que la jeunesse doit prendre sa place. Chiche !
Prenons les aux mots et devenons enfin les acteurs de notre propre monde"
Yohan Cervantes


