Pas de pitié!

Pas de pitié ! Attention, ne nous faisons pas piéger par la nouvelle stratégie de François Hollande et de ses sbires. Ils sont mauvais en tout mais ils sont tout de même plus malins qu’il n’y parait.
Pour nous séduire, ils nous avaient promis monts et merveilles, le paradis sur terre ; puis, pour nous rassurer, ils nous avaient demandé de patienter un peu ; puis, pour nous calmer, ils nous ont raconté, contre toute évidence, que les choses commençaient déjà à s’améliorer, même si nous ne le ressentions peut-être pas encore.
Comme ils s’aperçoivent que nous ne sommes plus dupes de rien, ils essaient un nouveau « truc ». Ils veulent nous attendrir, oui, nous faire pitié. Ne cédons pas.
Hollande et Valls prennent leur petite mine, un peu décomposé chacun. Le visage penché, les yeux embués, la main presque tremblotante. Ils nous laissent entendre qu’ils sont entourés d’imbéciles qui, dans leur dos, ont augmenté les impôts locaux des petits retraités, ont, sans le leur dire, réformé les dotations des collectivités locales, ont, en douce, modifié le mode de calcul de l’allocation adulte handicapé. Sans parler de la petite garce qui, ministre du Travail, a reconnu, en direct et devant le micro de Bourdin, qu’elle ignorait tout du CDD.
Etre à la tête d’une telle équipe de pieds nickelés pourrait évidemment servir d’alibi, voire même d’excuse. Si ce n’est que ce sont bel et bien le capitaine de pédalo et son chef mécanicien qui ont choisi cet équipage de branquignols-galériens qui rament à contre sens.
Cela fait déjà un bon moment qu’Hollande ne nous parle plus d’illuminer, d’ensoleiller, d’éblouir « le rêve français ». Il a remis ses plus folles ambitions dans sa poche-revolver. Désormais, il se contente de nous affirmer qu’il va sauver la planète en demandant poliment aux Chinois, aux Indiens, aux Brésiliens, aux Russes et même aux Américains de limiter leur croissance aux aléas des coups de vent et des rayons du soleil. Et qu’il va sauver la France en faisant de son propre corps potelé un rempart vivant contre les hordes fascistes menaçantes.
Pendant ce temps, son vizir tente, comme un camelot sur un trottoir, de nous vendre à la sauvette quelques réformettes sur le code du Travail ou la fiscalité. Mais le coup du "chantier de réformes" est usé jusqu’à la corde depuis près de quarante ans, depuis Giscard. C’est dire. D’ailleurs même aux pires moments de sa dégringolade, jamais VGE n’avait eu 82% de Français ne lui faisant pas -ou pas du tout- confiance (dernier score de Hollande dans le sondage Sofres de cette semaine).
Alors, à bout de souffle, à bout d’arguments et même au bout du rouleau, ils sont passés au registre émotionnel. Plus question de chevaucher vers l’avenir, de partir à la conquête du futur, de triompher de tous les maux de l’univers. Ils jouent la défensive, ils sont devenus notre rempart, ils se sont « repliés sur des positions longuement préparées à l’avance » (comme disaient les communiqués de l’Etat-major en 1940, au moment de la débâcle). Ils se battront jusqu’au dernier d’entre nous pour éviter la victoire de l’ennemi, le triomphe de l’extrême-droite.
C’est, bien sûr, un peu court, et surtout diablement éculé, comme programme pour mobiliser les foules et ressusciter la gauche. Mais les autres, le centre et la droite, n’ont rien trouvé de mieux, eux non plus. On se demande d’ailleurs ce que notre faune politique, toutes bestioles confondues, pourrait bien nous raconter si le Front National n’existait pas. On comprend enfin pourquoi Mitterrand lui-même qui l’a inventé.
En fait, Hollande qui fait de la politique comme un apothicaire mélange ses bocaux au fin fond de son officine a fait et refait ses calculs. Tout est très simple : 70% des Français le rejettent inexorablement, 70% des Français ne voudront jamais retrouver Sarkozy à la tête de l’Etat et 70% des Français n’accepteront jamais que Marine Le Pen soit élue présidente.
Sauf à imaginer l’apparition soudaine d’un quatrième larron (un Juppé par exemple, jaillissant d’une primaire) il a autant de chances que les deux autres, avec même en plus, dans un pays souvent légitimiste, la petite prime du sortant pour peu qu’il se meuve en "père de la Nation", "garant des institutions", "rempart contre les aventures", etc. etc.
Visiblement, Hollande pense beaucoup à 2002. Mais ni à l’élimination de son ami Jospin, ni au succès inattendu de Jean-Marie Le Pen, il pense à Chirac qui, contre toutes les prédictions, a été réélu simplement parce qu’il était… "sympa" et qu’il était –déjà- un rempart contre la famille Le Pen.
Hollande a un an pour aller prendre le café chez des vieilles dames, embrasser des petites filles, serrer des mains et se rendre "sympa". En tous les cas plus "sympa" que Sarkozy ce qui ne devrait pas être difficile
Attention, donc. Ne nous laissons pas séduire. "Sympa" ou pas, ce type n’a fait qu’accélérer la chute dans l’abîme de notre pays. Pas de pitié pour les ennemis de la République !


