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Pas de justice "fast-food" : le barreau de Saint-Denis reconduit la grève jusqu'au 20 avril

Ecrit par Lucas Candessoussens – le lundi 13 avril 2026 à 15H55

Dans le sillage de la mobilisation nationale des barreaux de France, les avocats du Nord se sont rassemblés devant le tribunal judiciaire de Champ-Fleuri. Magistrats, associations et victimes ont apporté leur soutien contre la loi SURE, tandis que l'assemblée du barreau vient de voter la reconduction de la grève jusqu'au 20 avril.

Sous le soleil écrasant, sur le parvis du tribunal de Champ-Fleuri à Saint-Denis, c'est une cohorte de robes noires qui brandissent des panneaux contre la loi SURE, actuellement étudiée au Sénat. Depuis le 3 avril, les barreaux de La Réunion sont en grève ; toutes les audiences sont renvoyées systématiquement.

Lire aussi : Projet de loi SURE : les avocats de Saint-Pierre mobilisés contre une réforme jugée "dangereuse"

Peu avant l'assemblée générale des avocats devant décider du devenir de cette grève, de multiples prises de parole se sont succédé. Réunissant des magistrats, des associations, des victimes ont pris la parole contre le projet du garde des Sceaux, Gérald Darmanin.

Parole de victimes

En début d'après-midi, les prises de parole se sont succédé : deux victimes, ayant vécu un procès criminel, témoignent. Une mère de famille, dont l'assassin de son fils et deux autres personnes ont été jugés et condamnés. "J'ai commencé à me reconstruire grâce à ce temps de parole que l'on m'a accordé [N.D.L.R. : aux procès d'assises]", déclare-t-elle. Elle salue le travail des avocats et magistrats, déplorant la loi SURE.

Audrey Coridon, présidente du collectif Stop VIF Protégeons nos enfants, déplore cette logique de justice expéditive. L'association, qui prend en charge victimes et auteurs, les accompagne : "Cette loi, elle couvre un problème de moyens en fait, c'est une loi de circonstance, c'est une loi pour faire de la communication pour les prochaines présidentielles et ça nous attriste. Parce que ça veut dire que le ministère ne comprend rien au processus de réparation des victimes et au processus aussi de rédemption des auteurs. Donc nous, on ne demande pas une justice expéditive, on demande une justice de la considération."

L'assemblée générale vote pour une poursuite de la grève

Les avocats, bien décidés à faire porter leur voix localement, ont tenu une assemblée générale pour décider de l'après. Après 10 jours de grève, comment va-t-elle se poursuivre ? Pour rappel, depuis le 3 avril, la décision a été prise de demander le renvoi de chaque audience.

Après un vote à 90 % des voix, ils ont décidé de poursuivre la grève jusqu'au lundi 20 avril inclus.

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