"On paie pour eux", titre d'un courrier des lecteurs signé "Un citoyen (trop) contribuable" du Quotidien du 15.04.12

"C’est presque devenu le sport régional par excellence que de construire en catimini, sans permis, sa maison personnelle. Chacun connaît dans son entourage ce genre d’ouvrages hors normes, peu respectueux des standards de la construction et de l’environnement, dont l’approvisionnement en eau et en électricité ne peut se faire que grâce à la complicité du voisinage.
Cette non déclaration en mairie présente un intérêt économique substantiel puisque ces contrevenants échappent ainsi aux multiples prélèvements dont chaque bénéficiaire des services et équipements collectifs devrait pourtant s’acquitter, à savoir : compteur électrique, adduction et compteur d’eau, taxe locale d’équipement, taxe d’assainissement, taxe d’habitation, taxe sur les ordures ménagères, taxe foncière, contribution à l’audiovisuel public…
Pourquoi les municipalités font-elles preuve d’un tel laxisme et rechignent-elles à démasquer ces délinquants fiscaux, qui ne sont pas toujours dans le besoin puisque certains roulent allègrement en 4x4 ? Il y a quelques années, des photos aériennes devaient permettre de démasquer ces tricheurs ! Moins onéreux et tout aussi efficace, le simple fait de « croiser les fichiers » des différentes administrations permettrait de les détecter aussitôt.
Les communes, pourtant en quête permanente de moyens supplémentaires mais assoupies dans un ronron consternant, se contentent tout bonnement de charger un peu plus la mule et n’hésitent pas à augmenter encore et toujours plus les impôts locaux, surimposant ainsi les "bons contribuables" qui paient pour les tricheurs, assurés de leur impunité. Lorsque l’on sait qu’à Saint-Paul par exemple, il n’y a aucun contact entre le service du cadastre et le service des permis de construire, les constructions sauvages ont encore de beaux jours devant elles !
Un citoyen ( trop ) contribuable."
En quelques mots, sur un ton remarquablement modéré, ce lecteur dit tout ce qui peut et doit être dit sur le méga-scandale de la construction illégale et irrégulière à la Réunion.
Je me réserve la possibilité et le droit de commenter plus largement ce courrier (pas dans le Quotidien qui, depuis des années, refuse de publier mes écrits par trop "vitriolés" au goût de son rédacteur en chef…). Il me semble souhaitable, en renfort au courage tout neuf du Quotidien, de diffuser cette information aux internautes ne suivant pas la presse écrite.
St DENIS de la RÈUNION- le 15 Avril 2012. Juliette CARANTA-PAVARD


