Notre démocratie au bord du naufrage

Courrier des lecteurs.
L'enquête judiciaire sur la mort de Quentin Deranque, militant d'extrême droite identitaire, n'est pas encore clôturée. Pourtant, le verdict est déjà tombé émanant de tribunaux médiatiques et de juges officiant sur les réseaux sociaux. Le coupable : La France insoumise. Certaines personnalités politiques renchérissent, à l'instar d'Aurore Bergé enjoignant la gauche à "rompre définitivement avec LFI" et le RN, à “faire barrage” à la victoire de candidats LFI aux élections. D'autres, comme Bruno Retailleau, appellent la classe politique à un "barrage systématique". Christian Estrosi, lui, réclame la dissolution du parti. Chez les socialistes, l'ex- président de la République, François Hollande, déclare que désormais, "il n'y a plus de compromis et d'alliance possibles du PS avec LFI".
Le “Bloc central” constitué de la droite, des divers droite, du centre, de l'aile gauche de la droite et celle du centre, est donc prêt à s'allier avec le RN. Cette stratégie a pour but la "délégitimation" de LFI et par conséquent, le déséquilibre des forces à gauche. A l'inverse, elle octroie un "supplément de respectabilité" au parti d'extrême droite, "ennemi juré de la nation" hier et à qui on fait des courbettes aujourd'hui. Les éminentes personnalités du “bloc” ont oublié comment leurs partis qui étaient en voie de disparition ont pu réapparaître sur la scène politique. On ne pourra pas dire qu'elles pêchent par excès de reconnaissance ou de respect vis-à-vis des électeurs (dont une grande partie de gauche) qui à chaque deuxième tour d'élection présidentielle, étaient priés de faire barrage à l'extrême droite. Aujourd'hui, les rôles sont inversés, "le danger a changé de camp". Il reste que dans ce contexte de confusion générale et, vu qu'aucun parti n'est propriétaire de la conscience de ses électeurs, nul ne peut savoir ce que ces derniers décideront de faire à l'avenir.
Le débat politique en France est un désastre. Querelles, insultes, accusations, trahisons et autres coups bas se sont substitués à la confrontation des idées. L'ambiance délétère à l'intérieur des institutions se répercute à l'extérieur, là où les tensions sont vite exacerbées et les règlements de compte par la violence excluent toute possibilité de dialogue.
Depuis la mort du jeune militant d'extrême droite, les désirs de vengeance s'enflamment et les appels à la haine se multiplient. Les croix gammées et autres symboles du IIIème Reich s'affichent impunément et de manière totalement décomplexée. Des candidats aux municipales reçoivent des menaces de mort provenant de la sphère néo-nazi. Certains ont même décidé de retirer leurs candidatures. Les valeurs de la République sont bafouées. Les leçons du passé, passées aux oubliettes. Les digues contre la marée d'extrême droite sont sur le point de céder. Ce n'est pas une vague qui risque d'arriver mais un tsunami.
Notre démocratie est au bord du naufrage.
Omarie


