Monsieur le Président de la République

Monsieur le Président de la République,
Les évènements dramatiques qui se sont produits dans notre pays les 7, 8 et 9 janvier derniers ont amené les français à se dresser comme un seul homme lors de la manifestation du 11 pour montrer que, dans les circonstances exceptionnelles surtout lorsqu'elles sont dramatiques, la France savait s'opposer à la barbarie, à l'obscurantisme et à toutes atteintes de nos libertés.
Toutefois, il convient d'être réalistes et admettre que si cette manifestation est entrée dans l'Histoire, les vieux démons des clivages surtout politiques feront vite oublier dans les jours et les semaines qui viennent cette belle unité de notre peuple.
Il est donc urgent, monsieur le Président, de prendre les décisions dans le temps afin de faire prendre conscience, surtout à notre jeunesse, des chances que nous avons d'être français.
Pourquoi en est-on arrivé là, c'est à dire à ces massacres de janvier? Nos dirigeants politiques au sommet de l'Etat portent une lourde part de responsabilité et ce depuis plus d'un quart de siècle car ils n'ont pas su donner un idéal à notre jeunesse.
Comment admettre que nous sommes arrivés au point d'avoir honte de notre emblème national, je parle de notre drapeau. Au mieux, on le met dans sa poche recouvert d'un mouchoir; au pire, il est foulé aux pieds et brûlé sur la place publique.
Comment admettre que notre Hymne national soit sifflé lors des rencontres surtout sportives? Pourquoi l'Etat a-t-il permis à des artistes de parodier les paroles et l'air de la Marseillaise; le lecteur aura reconnu entre autres Gainsbourg et Noah. Vous avez , monsieur le Président, l'autorité pour faire en sorte que notre Hymne national soit gravé dans notre Constitution.
Redonner un idéal à notre jeunesse, c'est aussi lui permettre d'avoir un travail, ce qui n'est pas du tout le cas aujourd'hui. Faut-il aussi rappeler encore et encore que l'emploi est une compétence de l'Etat.
Il y a aussi un autre domaine où nos gouvernants n'ont pas pris leurs responsabilités et ce quelque soient leurs sensibilités politiques, c'est dans le domaine de l'Education Nationale. Les réformes bien trop nombreuses sont faites pour satisfaire les égos des uns et des autres, sans doute pour passer à la postérité alors que l'essentiel est occulté. Des questions méritent d'être posées: pourquoi cette jeunesse a-t-elle de plus en plus de mal à maîtriser notre langue nationale? Pourquoi l'Histoire de France est-elle enseignée de façon épisodique dans nos classes? Aurions-nous honte de notre passé?
Ne soyons donc pas étonnés de voir que cette jeunesse sans idéal et sans aucune perspective d'avenir soit attirée par des modèles de société venus d'ailleurs, où les maîtres- mots sont embrigadement, obscurantisme, fanatisme, meurtres, attentats, etc. Les français lors des prochains scrutins ne seront-ils pas tentés de prendre une autre voie que celle proposée par nos partis traditionnels.
Monsieur, le Président pour redonner un sens , une place à nos valeurs républicaines vous seul avez le pouvoir d'agir. Vous avez la légitimité et la majorité à l'Assemblée Nationale. Dans notre pays, la notion de concensus est toujours éphémère. C'est au Pouvoir Exécutif de prendre les mesures qui s'imposent.
Veuillez agréer, monsieur le Président de la République, l'expression de ma haute considération.
Paulet PAYET
Conseiller municipal du Tampon


