Mauvais négociateurs

Au jeu des sept copains-coquins, je demande dans la famille Couapel, le frère. Bonne pioche. Voici Gilles Couapel. Monsieur Coupael dirige une entreprise à La Réunion, il préside une association et est le frère de la Vice-présidente de la région, Fabienne Couapel. Voilà le décor posé.
Son association est en fait un club, le Club export. Le but est de promouvoir l'ouverture de La Réunion à l'international et de contribuer au développement du volume des exportations. Vaste chantier.
Sous la mandature de Didier Robert, cette association s'est vue attribuer des moyens colossaux, des centaines de milliers d'euros pour aller participer à des salons un peu partout dans la zone Océan Indien, des missions de prospections, des rencontres, …
Ce n'est pas la seule structure pour laquelle la collectivité donne généreusement de l'argent pour aller participer à des salons. Il y a aussi Nexa dont la subvention annuelle tourne aux alentours de trois millions d'euros.
Cette petite association est aussi devenue un partenaire privilégié de la région, au même titre que l'IRT s'occupe du tourisme, Nexa du développement de La Réunion et de son ouverture sur le monde, le Club export s'occupe des relations dans l'Océan Indien. Sauf que contrairement aux autres structures à qui la pyramide confie des missions de ce type, aucun élu ne siège dans cette structure, que des chefs d'entreprises ou leurs représentants. Il faut avouer par ailleurs que la répartition des compétences n'est pas très claire entre l'ouverture sur le monde et l'ouverture sur l'Océan Indien : l'Océan Indien ne ferait pas partie du monde ?
Plus sérieusement, quelle est la légitimité du Club export d'assurer pour le compte de la région le développement de La Réunion dans la zone Océan Indien ? Des inconnus réunis entre eux, jamais soumis au suffrage universel en charge du développement de La Réunion à l'extérieur ? Cela ne s'appelle pas démocratie. Que des chefs d'entreprises soient associés à la politique extérieure oui, qu'ils décident de tout, non car en définitive, chacun défend son intérêt. Oui à la gouvernance partagée, non à la confiscation du pouvoir.
Les résultats signent l'inefficacité de la démarche: une hausse des importations et une baisse des exportations. Les exportations vers les îles de l'Océan Indien augmentent certes légèrement en 2014 (+0,8%) pour atteindre 17 % des exportations de La Réunion mais cela repose essentiellement sur Mayotte, concerne des voitures ou des biens intermédiaires réexpédiés. Cela ne profite donc pas réellement à la production locale et en tout état de cause, le Club export n'y est pour rien car ils n'y sont pas de toute façon, à Mayotte.
De toute évidence, il existe un potentiel conséquent pour La Réunion dans la zone Océan Indien. Sauf que prise dans ses petits arrangements entre amis, la région fait fausse route, au grand dam des entreprises locales et des Réunionnais.


