Revenir à la rubrique : Politique

Maurice : le PLR dénonce l’interdiction du créole à l’Assemblée nationale

Ecrit par S.I. – le vendredi 28 mars 2025 à 14H31
"Mon discours sera, comme le créole mauricien aujourd’hui, réduit au silence", a regretté Joanna Bérenger

Le créole, langue maternelle de la majorité des Mauriciens, n’a pas droit de cité au Parlement de l’île. La décision de censurer une ministre pour l’avoir utilisé suscite l’indignation du PLR, qui fustige une atteinte à la démocratie.

Le Parti Pour La Réunion (PLR) s’insurge contre une décision prise à l’Assemblée nationale de Maurice, où la ministre Joanna Bérenger a été empêchée de s’exprimer en créole mauricien. Une entrave à la démocratie et à la reconnaissance des langues régionales, selon le parti réunionnais.

Une ministre interrompue pour avoir parlé créole

Le mercredi 26 mars, Joanna Bérenger, junior ministre de l’Environnement à Maurice, a pris la parole en créole mauricien au Parlement de l'île. Une initiative aussitôt stoppée par la présidente de l’Assemblée nationale, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, qui lui a ordonné de poursuivre son discours en anglais ou en français.

Cette décision a suscité l’indignation du PLR, qui dénonce une application "rigide et rétrograde" du règlement parlementaire mauricien. "Empêcher une élue de la nation de s’exprimer dans la langue maternelle de l’immense majorité des Mauriciens constitue une entrave démocratique inacceptable", estime le parti.

Un paradoxe regrettable

Le PLR souligne le paradoxe d’une telle interdiction, alors que le créole est parlé par une majorité de Mauriciens et représente un élément central de leur identité culturelle. "Il est profondément dommageable que la langue qui unit le peuple mauricien soit bannie de l’enceinte où se discutent les affaires du pays", regrette le parti.

Le mouvement réunionnais exprime également son incompréhension face à la position adoptée par Shirin Aumeeruddy-Cziffra, une figure reconnue pour son engagement en faveur de la démocratie et des droits fondamentaux.

Un appel à la reconnaissance des langues régionales

Face à cette situation, le PLR réaffirme son engagement en faveur de la diversité linguistique et de la reconnaissance des langues régionales. Le parti appelle les autorités mauriciennes à reconsidérer cette interdiction et à permettre à tous les élus de s’exprimer librement dans la langue de leur choix.

En guise de protestation, Joanna Bérenger a conclu son intervention par une phrase lourde de sens : "Mon discours sera, comme le créole mauricien aujourd’hui, réduit au silence."

Etiquettes : Créole | Île Maurice | PLR

Dans la même rubrique

0💬
Tri :