Loi Pesticides : “Nous n'avons qu'une vie, qu'une île, qu'une planète”

Depuis les Hauts de Saint-Leu, le député Perceval Gaillard, sa suppléante Geneviève Payet et l’agriculteur Lilian Gasp dénoncent les dangers de la loi Duplomb sur les pesticides. Ils appellent à une mobilisation collective pour protéger la santé publique, l’environnement et l’agriculture réunionnaise.
C’est sur une exploitation agricole des Colimaçons, dans les Hauts de Saint-Leu, que le député de la 7e circonscription Perceval Gaillard (LFI) a tenu ce samedi une conférence de presse contre la loi Duplomb sur les pesticides, entouré de sa suppléante Geneviève Payet, secrétaire régionale des Écologistes, et de l’agriculteur Lilian Gasp. “Nous n'avons qu'une vie, qu'une île, qu'une planète”, a lancé le député, dénonçant une législation “faite par et pour les multinationales de l’agrobusiness” qui menace selon lui la santé des populations et la biodiversité.
Reculs environnementaux
Perceval Gaillard a listé une série de reculs environnementaux que contient la loi : réintroduction des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, affaiblissement de l’Anses et de l’OFB, recul de la protection des zones humides, et entraves à la consultation publique sur les projets environnementaux. “Un texte passé en missouk grâce à l’alliance LR-RN-Renaissance”, accuse-t-il, redoutant des conséquences aggravées pour La Réunion, “où les sols sont déjà saturés de pesticides et les taux de cancers, notamment du sein, supérieurs à la moyenne nationale”.
Il appelle les agriculteurs à “détak la lang” pour bâtir ensemble des alternatives avec les syndicats, la Chambre d’agriculture, et réclame des chiffres à l’ARS sur les pathologies chez les exploitants, ainsi qu’une transparence de l’Office de l’eau sur les traces de pesticides dans les sols et l’eau potable. “C’est un combat pour la santé publique, pour la vie sur notre île”, martèle-t-il.
Geneviève Payet dénonce un “recul historique” à contre-courant des engagements internationaux. Elle s’appuie sur le rapport de Santé Publique France de 2019 qui place La Réunion comme le deuxième département le plus consommateur de glyphosate, en pointant la baisse de rendement liée à la disparition des pollinisateurs, l’exposition des planteurs aux substances cancérogènes, et la recrudescence de pathologies graves. Parmi les mesures proposées : taxation des produits dangereux, suppression de la TVA sur le bio, soutien accru à la recherche et recensement des malades exposés professionnellement aux produits chimiques.
Lilian Gasp, lui, a témoigné de son propre virage agricole, décidé il y a dix ans : “J’ai arrêté les néonicotinoïdes pour protéger ma santé, celle des autres, et celle des abeilles qui sont mes ouvrières.” Pour lui, écologie et agriculture ne doivent plus s’opposer, mais travailler ensemble “au service de la vie”. Tous trois appellent à une mobilisation large et urgente, face à ce qu’ils considèrent comme une menace directe pour les Réunionnais et leur avenir.


