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Loi Duplomb : Les Écologistes et le Front de gauche dénoncent un texte "mortifère" et réclament un sursaut démocratique

Ecrit par N.P. – le lundi 28 juillet 2025 à 16H46

À La Chaloupe Saint-Leu, Les Écologistes et le Front de gauche se sont réunis pour alerter sur les dangers de la loi Duplomb, récemment votée par le Parlement. Aux côtés du député Perceval Gaillard, les militants dénoncent un texte jugé nocif pour la santé, l’environnement et la démocratie.

C’est chez un apiculteur et un agriculteur bio de la Chaloupe Saint-Leu que s’est tenue, ce lundi, une conférence de presse du Front de gauche, de ses partenaires citoyens et du mouvement Les Écologistes. L’objectif : exposer leur opposition ferme à la loi Duplomb, promulguée le 8 juillet dernier, et envisager les suites politiques à lui donner.

Lire aussi : Pétition contre la loi Duplomb : plus de 2 millions de signatures, un record citoyen

Déposée en novembre 2024 par plusieurs sénateurs des Républicains et de l’Union centriste, la loi "visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur" est dénoncée par ses opposants comme un texte construit "sur mesure" pour répondre aux demandes de la FNSEA et de l’agro-industrie. À La Réunion, les représentants locaux tirent la sonnette d’alarme.

Une opposition de masse

Avec plus de 2 millions de signatures en quelques jours sur la pétition dédiée sur le site de l’Assemblée nationale, la contestation populaire contre la loi a pris, selon ses détracteurs, une ampleur inédite. Associations, collectifs, professionnels de santé, chercheurs, enseignants, juristes, mais aussi 400 chefs cuisiniers se sont publiquement opposés à ce texte, le qualifiant "d’insulte à la santé de tous". Des critiques que Les Écologistes considèrent comme largement légitimes, malgré les tentatives de "décrédibilisation" du mouvement.

Des dangers multiples pointés du doigt

La loi permet notamment la réintroduction de l’acétamipride, un néonicotinoïde interdit en France depuis 2018. Suspecté d’être neurotoxique, ce pesticide est régulièrement retrouvé à des niveaux inquiétants dans l’alimentation ou même dans l’urine de nourrissons. La loi facilite aussi l’agrandissement des élevages intensifs (jusqu’à 85 000 poulets sans autorisation dès fin 2026), la création de méga-bassines, le stockage d’eau en dehors des règles environnementales, ou encore la mise sous tutelle partielle de l’ANSES, l’agence censée garantir la sécurité sanitaire.

Lire aussi : La loi Duplomb entre les mains du Conseil constitutionnel : décision attendue le 7 août

"Ce texte est une attaque frontale contre l’agriculture paysanne, la biodiversité et la santé publique", dénoncent Les Écologistes, qui alertent aussi sur l’absence de débat démocratique : "Il n’y a pas eu de véritable discussion dans l’hémicycle, la loi a été imposée de manière verticale, dans un contexte budgétaire marqué par l’austérité et les coupes sociales."

Saisine du Conseil constitutionnel et appel à une mobilisation durable

Plusieurs organisations – Notre Affaire à Tous, Greenpeace, la Ligue des droits de l’Homme, Fondation 30 Millions d’Amis – ont déposé une contribution auprès du Conseil constitutionnel, qui doit se prononcer sur la légalité du texte le 7 août prochain. En parallèle, les parlementaires à l’origine de la saisine invoquent des atteintes à des principes à valeur constitutionnelle comme le droit à un environnement sain ou le principe de précaution.

Pour Les Écologistes, une autre voie reste possible : celle d’un référendum d’initiative partagée (RIP), même s’il nécessite encore davantage de signatures. En attendant, ils appellent à maintenir la pression : "Notre mobilisation généralisée doit être prise en compte. La tension ne va pas s’estomper, et il est fort à parier que la rentrée de septembre sera très agitée."

Un autre modèle agricole est possible

Les militants réaffirment leur engagement pour une agriculture durable, fondée sur l’agroécologie, la préservation de l’eau et des sols, la diversification des cultures et la réduction des intrants. "Nous ne voulons plus faire de petits pas", insiste Geneviève Payet, secrétaire régionale. "Notre discours est clair, fort et unitaire : nous assumons un positionnement clivant et conflictuel."

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