Lettre ouverte à Mme Penchard
Aucune image à la une trouvée pour cet article.
Madame la ministre,
Le rapport du Conseil Interministériel de l’Outre-Mer (CIOM) présenté à l’Elysée le 6 novembre 2009 affirme : "Chaque administration devra mettre un plan d’action visant à faciliter l’accès des personnes originaires d’outre-mer à des emplois de responsabilité. Il s’agit de permettre l’émergence d’une fonction publique plus représentative du bassin de vie qu’elle administre…"
L’occasion nous est donnée avec votre visite de vérifier le bienfondé de l’engagement présidentiel. Sinon les EGOM n’auraient servi à rien, on nous aurait encore trompé, j’aurai perdu mon temps et mes illusions en participant aux ateliers et cette République n’a pas d’honneur.
Vous venez installer le nouveau service de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale. A qui allez-vous le confier ? En 2010, soit 64 ans après la départementalisation, La Réunion n’a toujours pas un chef de service créole pour conseiller utilement le Préfet. Peut-on faire de la cohésion sociale à La Réunion sans les Réunionnais ? Que dit-on à la population qui a souvent le sentiment de ne pas être écouté, de ne pas être entendu ou de ne pas être compris par l’administration d’Etat ?
Votre choix aura une insignifiance politique si vous nommez ceux qui gèrent actuellement la politique de la Ville et la cohésion sociale. Les Réunionnais dans la précarité n’ont rien à attendre de cette bureaucratie insensible, inefficace et coloniale. Ces dirigeants n’ont pas l’intelligence des codes et des subtilités de l’âme réunionnaise. Maîtres de l’illusion, ils ne produisent aucune valeur ajoutée sociale et ne font pas reculer le désespoir dans les territoires. Ils font commerce de statistiques et de graphiques au plus loin des réalités et des difficultés de la population.
En revanche, votre geste de nommer, à compétence égale et dans une démarche de droit commun, un Créole, peut avoir une grande portée symbolique et pédagogique pour les Réunionnais. Vous redonnerez espoir à ceux qui ont pour seul horizon les emplois aidés non durables et la mobilité forcée. Vous montrerez que l’égalité des chances existe pour tous les enfants de France. Vous redonnerez surtout crédit à la parole politique : la vôtre et celle du Président Sarkozy.
Daniel Pouny
Union Démocratique Réunionnaise


