Lettre ouverte à l’Ordre des médecins de La Réunion
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Chauffeur de car au sein d’une entreprise, je me suis retrouvé en conflit avec la médecine du travail. Après de multiples visites – souvent accompagnées de prise de sang – et quel que soit le résultat, elle me convoque à nouveau, dans le meilleur des cas, le mois suivant. Le 10 décembre dernier, malgré une prise de sang révélant un taux de gamma GT et CDT tout ce qu’il y a de plus normal, cette dame m’a convoqué à nouveau pour le 7 janvier avec – comble de perfidie – une prise de sang à effectuer le... 2 janvier, c’est-à-dire le lendemain du jour de l’An.
Petit détail tout de même, et qui a toute son importance, la médecine de la préfecture au mois de février dernier m’a déclaré apte pour un an (visite annuelle obligatoire à partir de 60 ans). Le comportement de ce médecin du travail en me déclarant inapte à deux reprises cette année, implicitement, n’est ni plus ni moins qu’un désaveu de la décision des médecins de la préfecture, ces derniers apprécieront – j’en ai l’intime conviction – d’avoir été réduit au rôle d’ersatz de médecin.
Je n’ai qu’une approche très approximative de la déontologie du corps médical, mais j’ai consacré quelques minutes à la lecture du Serment de l’ordre français – très inspiré du Serment d’Hippocrate – et un passage dit ceci : "J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences".
La question à poser à ce médecin du travail : "Êtes-vous sûre de ne pas exploiter le pouvoir hérité des circonstances, pour donner libre cours à un antagonisme particulièrement exacerbé à l’encontre d’un chauffeur, en le contraignant à cette prise de sang le lendemain du réveillon ?"


