Lettre aux actionnaires : La finance mène-t-elle le Quotidien de la Réunion ?
Aucune image à la une trouvée pour cet article.
En découvrant ces informations nous comprenons mieux pourquoi depuis plus d’une semaine le personnel du Quotidien est en grève.
Des journalistes aux techniciens en passant par ceux qui distribuent la presse dans les points de vente, une majorité de ce personnel n’acceptent plus les conditions salariales que leur imposent les actionnaires millionnaires qui détiennent le véritable pouvoir de décision au sein du groupe.
La force du Quotidien et de la presse en générale c’est une ligne éditoriale reposant sur des valeurs fortes mettant en avant l’éthique, la responsabilité sociale, prônant des valeurs d’une société de solidarité, dénonçant les injustices sociales et l’opacité économique et promouvant la vérité politique et la transparence financière. Cette ligne éditoriale est tous les jours exposée aux lecteurs par la conviction des journalistes et de toute l’équipe technique et administrative qui fait tourner la machine.
Ces journalistes qui font un travail de plus en difficile dans une société qui navigue plutôt à contre courant éthique sont en quelque sorte la conscience éclairée de notre société.
Là ou l’exercice devient encore plus difficile, c’est quand cette démarche éthique est mise à mal par l’avidité démesurée et le triomphe de la cupidité dévorante des actionnaires millionnaires pratiquant exactement ce que la ligne éditoriale reproche à notre société dans ses travers quotidiens.
Nous découvrons lors de ce conflit que cette approche éthique ne serait qu’un moyen de se donner bonne conscience, et peut être aussi pour mieux vendre du papier, mais que les engagements dévoilés dans les colonnes ne valent pas plus que des promesses se transformant quelques fois en aspiration pour finir en rêve brisé.
Il y va aujourd’hui de la crédibilité de ces actionnaires millionnaires d’éviter que l’hypertrophie de la finance dont ils sont les adeptes convaincus, finisse par décrédibiliser le journal qui est à la source de leur richesse.
Pour cela il faut sortir de la démarche d’égoïsme actuelle par un partage équitable des richesses produites à tous les niveaux de l’entreprise et mettre fin à l’exploitation éhontée dont sont victimes les salariés.
Ce faisant notre Quotidien gagnera en cohérence, car il pourra dénoncer avec d’autant plus de conviction les travers de notre société que ses actionnaires maître du jeu seront les premiers à pratiquer dans leur entreprise ce qu’il souhaiteraient voir notre société pratiquer partout.
Sortir de ce ce conflit nécessite plus que jamais la réhabilitation de l’esprit de responsabilité et de justice sociale posant la question de la légitimité de la captation des richesses au détriment de ceux qui travaillent.
Sortir de cette absurdité passera par la pratique d'une gouvernance qui intègre transparence et partage.
Une société aveuglée par la finance finit par obscurcir les consciences et de crise en crise passe par des fortes déstabilisations avant la désintégration!


