Les Florilèges font le plein, pas les commerçants...

La biodiversité, le thème retenu cette année pour les 27 bougies des Florilèges, a visiblement fait mouche et ce n'est pas la forte affluence de la précédente dizaine qui dira le contraire. Avec plus de 300.000 personnes, la manifestation phare du Sud de l'île a réussi son pari. Attirer toujours plus de monde d'année en année et donner aux Florilèges une dimension régionale. Pourtant, chez les commerçants, les affaires ne se sont pas aussi bien déroulées que prévues.
Une forte fréquentation et une timide consommation
Sur l'ensemble des trois sites majeurs de la manifestation que sont le parc Jean de Cambiaire, la place de la Libération et le centre-ville du Tampon, ce sont des centaines de milliers de personnes et curieux qui se sont déplacés. Amoureux de plantes, scientifiques avertis ou amateurs de concerts et soirées à thèmes, les visiteurs ont donc répondu à l'appel de la municipalité et du programme mis en place par le service animation.
Sur ce point, la commune peut dire merci au double-concert de Chimène Badi qui a attiré plusieurs dizaines de milliers de personnes la semaine dernière. Pourtant, et il s'agit d'une nouveauté sur laquelle avait tablé la municipalité, les artistes locaux ont également fait le plein. Qu'il s'agisse de Dominique Barret, de Ziskakan, d'Ousanousava ou des soirées à thèmes telles que les fiestas mauricienne et créole, le public a majoritairement répondu présent et ainsi gonflé les données relatives à la fréquentation.
Pourtant, du côté de l'Association des commerçants du Tampon, présidée par Moorhad Feik-Dioumane, le bilan, différent, est empreint d'une certaine réticence à la consommation. Taxes foncière, crise financière, fêtes de fin d'année en approche ou encore morosité économique, pour le président de l'Association des commerçants du Tampon, le résultat est mitigé. S'il félicite volontiers la municipalité sur l'organisation globale de cette 27ème édition, Moorhad Feik-Dioumane estime que les quelques 400 forains et commerçants n'ont pas vu leur chiffre d'affaire exploser.
"Au niveau de l'organisation, de la sécurité et des installations, il est clair qu'il s'agit de la première manifestation de l'île en terme de qualité. C'était vraiment top, on a manqué de rien" affirme le commerçant du centre-ville. "Cette année, nous sommes un peu en dessous en terme de ventes. Je pense que c'est le contexte actuel et la crise qui continue de faire des siennes. Au niveau du chiffre d'affaire, on est en deçà de l'édition précédente" poursuit Moorhad Feik-Dioumane. Et d'ajouter que cela fait désormais quinze années qu'il suit cette manifestation et qu'en général, les affaires fonctionnent très bien "une année sur deux".
Difficile donc d'expliquer cette timidité à la consommation sur un événement qui a, tout de même, brassé plus de 300.000 personnes sur un créneau de onze jours. Les commerçants devront patienter jusqu'aux fêtes de fin d'année.


