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L'effet Coriolis...

Ecrit par zinfos974 – le lundi 22 mars 2010 à 14H40

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Après la brillante élection de Nassimah Dindar à la présidence du Conseil général, un courrier des lecteurs paru dans la Quotidien proposait l'analyse suivante sous le titre "La politique a-t-elle un sens à la Réunion ?" Ce courrier n'est-il pas d'actualité ?

La Réunion était connue pour son “effet Coriolis”. On votait (en gros) à la Réunion à l’inverse de la métropole. C’était la note folklorique des consultations nationales, signalant au passage le caractère atypique de la société réunionnaise.

La pantalonnade à laquelle nous venons d’assister au Conseil Ggnéral (comment dit-on “pantalonnade” quand Pantalon est une femme – et qu’on a vu celle-ci laver ses “petites culottes” à la télévision à l’occasion de la fête des mères ?) confirme largement ce statut ex-colonial de la société réunionnaise et conduit à se demander quel sens peut bien avoir la politique chez nous.

A l’époque de la guerre froide, la droite à la Réunion c’était quoi ? Un attachement à l’ensemble français dont les principaux représentants étaient issus de l’économie du sucre. La gauche, c’était, à l’inverse et grosso modo, les partisans de l’autonomie (ou de l’indépendance) et du rattachement au bloc des “pays frères”. Ce dernier rêve est évanoui et paraît aujourd’hui, après la destruction du mur de Berlin par les Allemands de l’Est, totalement dévalué. Même s’ils n’ont jamais officiellement renié cette idéologie, les apparatchiks du PCR ont rangé au placard ces références compromettantes. Ils ont trouvé beaucoup mieux.

En métropole (dans les démocraties parlementaires), être de droite, c’est promouvoir la liberté économique avant la solidarité que la gauche met au premier rang. Avec l’argument que la liberté permet la création de richesses et, secondairement, qu’elle est en mesure de nourrir la solidarité – quand la gauche tient que c’est l’augmentation du pouvoir d’achat qui crée la richesse.

L’économie sociale de la société réunionnaise – l’assistanat, qui profite au moins autant aux entrepreneurs qu’aux laissés pour compte – est évidemment largement en dehors de ce débat. Le principal exercice de nos “politiques” consiste, de fait, à ramener de Paris ou de Bruxelles l’argent du ménage. Vaut-il mieux être “de droite” ou être “de gauche” pour cet exercice ? Comme disait Teng Hsiao Ping, l’inventeur de la Chine moderne : “Noir ou blanc, un bon chat est un chat qui attrape des souris”.

Les gouvernements, de gauche comme de droite, n’ayant ni la capacité ni l’envie (réélection oblige) de peser sur les conditions structurelles de l’économie réunionnaise (elles sont d’ailleurs physiquement ou politiquement incompressibles : c’est, essentiellement, l’étroitesse du marché insulaire et une main-d’œuvre au coût régionalement prohibitif) considèrent la Réunion avec ce mélange de paternalisme et de défiance dont a si bien su jouer l’ex futur “roi des Mascareignes”, saint homme de chat faisant la chattemite, “bien fourré, gros et gras, arbitre expert sur tous les cas”, qui a réussi, grâce à la manne nationale et à la jobardise locale, une implantation dynastique refusée à l’évêque de Saint-André.

Comme il faut bien des représentants pour porter la voix de la Réunion et que la relève est un peu courte (on a l’impression, par exemple, que le nouveau maire de Saint-André a eu l’ancien maire de Saint-Denis pour instituteur : sorti de la construction sujet-verbe-complément, c’est la cata…), pourquoi ne pas mettre en place une formation ad hoc qui permettrait de transformer nos élus en lobbyistes patentés (c’est un vrai métier), au-delà de tout clivage de parti – manifestement dénué de sens à la Réunion ? Ce qui permettrait de démontrer qu’en politique, il n’y a pas que des grater d’ki, des parasites et des m’as-tu vu ?

C’est là que nos brillants universitaires, déjà “consultants pays”, pourraient faire merveille. Le Service Universitaire de la Formation Permanente de la Réunion délivre, paraît-il, un diplôme de “formateur de formateurs”. Sans doute n’avons-nous vu à la télévision que la mesure du savoir-faire des formateurs de formateurs de formateurs qui ont lamentablement glosé sur le “large rassemblement de consensus” et sur le “grand tournant politique” (sic) du Conseil Général… Mais il doit bien exister des universitaires un peu plus déliés, les formateurs de formateurs de formateurs de formateurs, peut-être, auprès de qui les formateurs de formateurs de formateurs apprennent la doctrine pour la transmettre à leurs élèves (les futurs formateurs de formateurs…). Ceux-là, à n’en pas douter, seraient en capacité de créer un diplôme “Sciences Po pays” où l’on apprendrait, pour de vrai, ce que “politique” veut dire dans une ancienne “isle à sucre” devenue département de la République. Plutôt que de tenir tour à tour le rôle de porteur de pancarte et celui de tendeur de sébile, l’élu, reformaté par nos reformateurs, serait en mesure, après un coaching adapté – et peut-être un stage en métropole à l'“Association Française des Conseils en Lobbying et affaires publiques” (AFCL), d’emballer les intérêts locaux dans l’intérêt national. Alors oui, pour le coup, de droite ou de gauche, il se vérifierait qu’“un bon chat, c’est un chat qui attrape des souris”.

Mimose

 

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