Le débat sur le voile intégral
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Le débat sur le port du voile intégral dans les lieux publics et son interdiction prend une dimension détestable. L'opposition résolue au port du voile islamique pour ce qu'il représente, de soumission pour les femmes qui le portent et de méconnaissance des principes républicains ne conduit pas pour autant à demander le vote d'une loi spécifique. Telle est notamment la position du Conseil d'État, du Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe... Et celle aussi de la Ligue de l'enseignement.
Le choix de soumettre au Parlement un projet de loi interdisant le port du voile intégral dans tous les lieux publics, démontre, s'il en était besoin, la volonté du gouvernement de passer outre au danger évident d'inconstitutionnalité ou d'inconventionnalité. Les raisons tactiques d'une telle prise de risque sont connues : la récupération du vote de l'extrême droite xénophobe. Ses conséquences n'en sont pas moins évidentes. A l'héroïsation recherchée des islamistes radicaux, répondra, une fois encore, la stigmatisation, aux yeux de l'opinion, de l'immense majorité de la communauté musulmane, qui partage les valeurs républicaines.
Au-delà, la démarche législative annoncée, une nouvelle fois construite autour d'une logique d'interdiction, s'inscrit dans une stratégie résolue de remise en cause des libertés publiques. La Ligue de l'enseignement considère, ainsi qu'elle a eu l'occasion de le dire devant la mission d'information parlementaire présidée par André Gérin, qu'il vaut mieux convaincre que contraindre, en s'interrogeant, par ailleurs, sur une mise en œuvre adaptée des solutions que le droit positif offre déjà.
La Ligue de l’enseignement


