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Le bombardier Avro Lancaster, une légende

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 5 avril 2020 à 14H52

 

Les lecteurs doivent se demander pourquoi ce sujet , sur ce site, en ce moment ?
Vous voulez que je vous le dise ? Alors je vais vous le dire ......
 
En cette période de confinement, nombreux sont les internautes fréquentant Facebook qui relatent leur histoire, soit par des photos d'eux étant plus jeunes, soit par une évocation de leur vie, plus jeunes .
Alors pourquoi ce sujet ? 
Dernièrement, sur Planète +, j'ai vu un documentaire sur les deux derniers Avro Lancaster volant encore .Bien sûr, ils avaient été reconstitués par des passionnés de cet avion légendaire. Et cela m'a ramené longtemps en arrière. Ce billet devrait intéresser les curieux de l'aviation de la deuxième guerre mondiale.
 
Juste une brève fiche technique et historique pour rappel:
Le bombardier Avro lancaster était fabriqué et destiné initialement à l'Armée britannique durant la seconde guerre mondiale.
Il était propulsé par 4 moteurs Rolls Royce Merlin
31 m d'envergure, il avait une surface alaire importante
Il était équipé de 8 à 10 mitrailleuses de 7,7 mm
Il avait une capacité d'emport de bombes 2 à 3 fois supérieure aux avions militaires de son temps
Et surtout, il pouvait emporter des bombes de 1800 kg !
 
Il a participé à presque toutes les batailles au dessus de l'Allemagne . Ces raids de bombardement se déroulaient surtout de nuit.
Son exploit majeur est la destruction de trois barrages de la Ruhr. Pour rappel, la Ruhr était le bassin industriel de l'Allemagne.
Le but était d'inonder le bassin.
Mais cet exploit fut réalisé grâce à une technique innovante : le bombardement par ricochet.....
 
Ce préambule  un peu long, pour expliquer ma passion et mon admiration pour cet avion .
 
Après l'Indépendance de l'Algérie, mon père a été nommé chef de la station météorologique de Tontouta en Nouvelle Calédonie. J'étais alors très jeune.
Il faut vous décrire Tontouta au début des année 60 . Deux cols en terre à franchir pour venir de Nouméa ...
Tontouta, c'était la Pampa. 
Mais Tontouta avait une histoire . La Nouvelle Calédonie avait servi de base arrière aux américains durant la guerre du Pacifique contre les japonais;
Tontouta était un aérodrome, sorte de porte-avion, dans ce conflit .
 
Outre l'aérodrome, il y avait aussi une base militaire aéronavale équipée de......Avro Lancaster.
Deux volaient encore, et deux , réformés ,qui  devaient servir aux " exercices incendie" des pompiers affectés à la sécurité de l'aérodrome.
 
Puisque nous avions , nous les copains de la cité aéronautique,  beaucoup de liberté le WE (la semaine, nous étions internes à Nouméa), et pendant les vacances, nous explorions toutes les possibilité de jeux, des palétuviers à la rivière en passant par le krick (petit point d'eau)
Et puis un jour nous avons décidé d'aller regarder de plus près, ces deux avions Lancaster parqués, éloignés de la base aéronavale, et si mystérieux pour nous.
Bien sûr nous sommes passés par des endroits détournés de façon à ne pas se faire prendre, dans une végétation agressive.
Une fois arrivés au but, nous avons été sidérés par ces immenses oiseaux blancs aux couleurs de l'aéronavale.
L'un des deux était intact , mais  bien sûr désarmé.
Nous avons entrepris de l'explorer. Tout était là : le poste de pilotage, très grand, les appareils de radio et de navigation, la trappe servant à larguer des parachutistes pour des missions secrètes. Nous avons même trouvé un parachute !
Ce qui m'a impressionné, c'est l'emplacement du mitrailleur de queue . Il devait ramper jusqu'à la tourelle....sans parachute ! Car cette tourelle se fermait dans son dos, et ne permettait pas l'emport d'un parachute. En cas d'évacuation urgente, il devait le récupérer au centre de l'avion.
Autre chose: le mitrailleur avant et l'observateur/ bombardier, devaient se glisser sous le palonnier du pilote pour accéder à leur poste !
 
Ce fut longtemps un extraordinaire jouet ,.......jusqu'à ce qu'une sentinelle nous surprenne !
Un bon sermon, et nous ne sommes plus revenus, hélas.
 
Nous habitions en bout de piste , et souvent je voyais l'Avro faire le point (mise en température des moteurs, réglages des paramètres) avant le décollage.  Impressionnant !
Mais le plus impressionnant était son atterrissage, majestueux, un bel oiseau blanc !  Privé de son armement, il était "léger". Et avec sa grande surface alaire, il avait du mal à se poser, rebondissant plusieurs fois avant de se stabiliser.
 
Un matin, j'ai eu la tristesse de voir un Lancaster s'envoler une dernière fois, direction : un musée australien !
 
Depuis, je suis resté admiratif de ce fabuleux bombardier.
 
 
Alain NIVET
 
 

 

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