La main d’Hollande, la main de Sarko… … et le minimum de courtoisie alors ?

On dirait qu’ils s’en font gloire.
"T’as vu, j’ai refusé de lui serrer la louche, à ce con !"
Que l’on refuse d’en serrer cinq à Bachar el Assad, fieffé assassin, je conçois. De leur vivant, il n’eût pas été inconvenant non plus de ne pas prendre la main d’un Hitler, d’un Pol Pot, d’un Staline, d’un Haïlé Mengitsu Mariam, d’un docteur Mengele…
J’aurais personnellement mille choses à reprocher à Hollande comme à Sarko. Tiens, dernièrement encore, mon minimum vieillesse est passé subrepticement de 575 à 529 euros. Leur ultralibéralisme militant continue d’enfoncer un peu plus les pauvres dans la cagade et ça n’est apparemment pas près de s’arrêter. Le Macro(n) y travaille avec ardeur.
Ceci posé, Hollande, comme le ludion avant lui, est le président de la France. Il se goure sur tous les plans, mais il a été élu et, à ce titre, mérite le minimum de courtoisie que l’on doit à son président.
Détester est une chose ; être mal élevé une autre.
Lors de la venue de Mitterrand à La Réunion, "le vieux lion" Irénée Accot a reçu madame Mitterrand avec tous les honneurs qui lui étaient dus. Non pas parce qu’il l’aimait. Non pas parce qu’elle était séduisante, il s’en faut de beaucoup. Non pas parce qu’elle était une lumière intellectuelle, il s’en faut d’encore plus… Il a répondu à ce sujet à ses détracteurs, issus de son propre bord politique : il se comportait envers la première Dame avec tout le respect et la courtoisie que le minimum de savoir-vivre impose.
Le vieux lion était-il AUSSI un dinosaure ? Alors j’en suis un autre.
Admettons que par une invraisemblable méprise Marine Le Pen se hisse à l’Elysée. Dieu nous en préserve mais faisons un brin de psychodrame politique et elle est Présidente.
Refuserais-je de lui serrer la main (qu’elle ne me tendra sans doute jamais) ? Non ! Elle n’est pas plus un monstre que ne l’est Hollande ni que le fut l’agité du bocal. Je n’aime aucun des trois mais l’éducation que j’ai reçue m’est précieuse.
J’étais loin de partager les idées de mon vieil ami Gilbert Manès, qui caressait l’extrême-droite dans le sens du poil. Nous nous sommes attrapés plus d’une fois sur ces considérations. Mais j’avais du plaisir à converser avec lui. J’ai toujours combattu Claude et Fabrice Hoarau sur le terrain des idées ; ce qui ne nous interdit nullement de nous retrouver parfois pour de franches rigolades. De même, mon pote Raymond Lamonge est grand communiste devant l’Eternel (nul n’est parfait). Ce qui ne m’a pas empêché de prendre son parti (sa défense, je veux dire, pas son PCR) lorsqu’il fut traîné dans la boue. Posez-lui la question…
Jules Bénard


