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La liberté essentielle ou la gloire des frères de Spartacus

Ecrit par zinfos974 – le lundi 12 novembre 2012 à 17H37

Dimanche midi "roi des étés" dans le cadre  d’un rappel de l’œuvre du poète immortel Charles Marie Leconte de Lisle sous la vénérable forêt couvrante de Petite-France, notre ami le docteur pharmacologue Henri Joseph de Guadeloupe auprès de sa consœur Lydia Marcin et de Claude Marodon Président de l’Aplamedom Réunion qui, avec ses confrères de La Réunion, impulsent le 7ème CIPAM, Colloque international des Plantes Aromatiques et Médicinales, nous gratifia d’une allocution absolument remarquable, évoquant la loi absolument inique et infâme de 1799 qui, à ce jour, n’a pas été abrogée par notre République (Droits de l’Homme, où êtes-vous ? que faites-vous ?) stipulant que les esclaves et les hommes de couleurs n’auraient pas le droit d’exercer la médecine et les soins par les plantes. Quelle immense bêtise et inculture car la phytothérapie remonte à l’ancienne Egypte et elle est exercée en Europe et ailleurs depuis la nuit des temps.

Le gouvernement Raffarin avait rejeté ce problème soumis comme tous les autres gouvernements aux lobbies coercitifs du supra capitalisme des laboratoires pharmaceutiques d’outre atlantique.

Il semblerait qu’aujourd’hui les lignes bougent puisque l’iniquité doit être balayée pour faire place à l’esprit d’Amour et de partage dont les plantes sont un vecteur positif et comme le rappelait Henry, (dans l’esprit de Joseph Hubert), un signe de réconciliation pour notre humanité : c’est donc grâce à cette douleur ancienne et à l’ignorance des premiers révolutionnaires qui servent aujourd’hui de levier positif, que tous les frères de "Spartacus" se sont levés pour un monde plus équilibré qui reconnaisse la légitimité de nos médecines ancestrales qu’elles soient d’Afrique, d’Europe, d’Asie ou d’Océanie avec comme épicentre volontaire nos îles fusionnelles.

Et c’est dans cet esprit de reconnaissance du travail bien fait et qui se transmet de génération en génération que nous sommes allés dimanche, arpenter les Hauts de l’Ouest de l’île de La Réunion avec nos amis des Antilles, de Corse et de bien d’autres larges horizons, pour célébrer d’une façon indépendante et raisonnée en puisant dans cet exceptionnel héritage que nous ont légué les anciens, dont Jacques Lougnon homme de paix, critique hors pair dans l’esprit de Voltaire, mais aussi porteur d’énergie vitalisante.

Dans les champs d’Ernest Bègue, spécialiste du géranium rosat (et citronnelle) ce fut la redécouverte du planteur de géranium de la tradition d’antan, c’est d’ailleurs dans l’alambic de son papa, toujours avec Jacques que fut distillée la première cuite de cryptomeria Bourbon (sans oublier l’exceptionnel « Ti Yab » qui nous a prématurément quittés).

Puis ce fut pour nos hôtes avec le groupe « des compères de la cuite essentielle », la découverte de la maison du géranium de Jean Jacques et Isabelle Magdelaine, un lieu charmant, raffiné où furent reçu dans "notre bois sacré" de circonstance et dans la plus grande simplicité, Marcel Philippe musicien et amoureux de la botanique pays et Guy Roger chanteur et philosophe  de l’instant qui, sous le chêne de Bourbon jouèrent « ti Fleur aimée ».

La journée s’acheva à St Gilles les Hauts, au magnifique domaine de Run’Essence, où le modernisme est en marche, avec La Réunion qui va de l’avant, nous gratifiant de trois distillations simultanées, d’ayapana, de lemon-grass et de lavande.

Avec en final un vibrant poème de Fernand Payet sur l’ayapana sous le regard ému de l’assistance dont celle de Madame Vitry qui tire son énergie et ses profondes racines du cœur de la mythique forêt de Brocéliande en haute Bretagne, pays du Roi Ban, le père de Lancelot du Lac. En cette croisée des chemins, typique de l’esprit de Réunion, et pour clore cette belle journée, un représentant émérite de l’Etat - nous pourrions presque dire de la République du Graal - a exprimé avec brio le profond désir et l’action des services de l’Aménagement des Hauts...pour essayer d’aller toujours plus haut.

La Haut, où « Vénus palpite en sa blancheur de perle... » (CMLDL).

Mais laissons la conclusion de ce billet à l’écrivain humaniste "Antoine de Saint-Exupéry".
« L’essentiel est invisible aux yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur ».

Christian Vittori
06 novembre 2012

 

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