La CGPER dénonce la situation d'un exploitant dont la case est menacée de démolition

Johan Alajurissamy-Carpaye est une jeune agriculteur de 29 ans. Il possède une exploitation dans les hauts de Saint-Joseph. Installé depuis 13 ans, il réside avec sa femme et sa petite-fille dans une maison dont les fondations datent de 1993. Depuis 2004, il a demandé à pouvoir effectuer des modifications mais il n'aurait pas obtenu le permis de construire. Il a finalement décidé d'effectuer des travaux dans son habitation. Aujourd'hui sa "case" fait une centaine de mètres carrés mais elle se trouve en zone agricole NCPF (Non constructible Protection Forte), c'est-à-dire dans une zone inconstructible.
Même si, depuis 2008, il dit avoir payé environ 5.000 euros d'amendes, son habitation est menacée par une décision du tribunal qui aurait ordonné la démolition sous peine d'astreintes.
En métropole, seulement 5% des exploitants ne résident pas directement sur leur exploitation
Aujourd'hui, les exploitants membres de la CGPER étaient sur son exploitation pour le soutenir. Jean-Yves Minatchy, le président de la CGPER, veut l'organisation d'une table ronde avec l'Etat, les collectivités et les exploitants pour trouver une solution à ces problèmes récurrents. Selon lui, chaque année, "plus de 350 hectares de terres agricoles deviennent des zones réservées à la construction de logements sociaux". De son point de vue, il est anormal de ne pas permettre à un agriculteur-éleveur de résider sur son exploitation : "c'est son habitation principale, c'est important pour un exploitant d'être sur son terrain. A la Réunion, on recense plus de 120 vols par an, si vous n'habitez pas à proximité, vous augmentez les risques de vous faire voler", précise Jean-Yves Minatchy.
De plus, d'après les agriculteurs présents sur place, "c'est nécessaire pour avoir une bonne maîtrise de son exploitation, pour réagir rapidement en cas d'imprévu". D'après le président de la CGPER, seulement 5% des exploitants métropolitains ne vivraient pas sur leur exploitation contre 30 à 40 % à la Réunion.
De son côté, Patrick Lebreton est embarrassé car il dit ne pas avoir la possibilité de délivrer un permis de construire dans une zone inconstructible (NCPF). Parallèlement, le député-maire de Saint-Joseph comprend la situation de ce jeune agriculteur : "il y a un problème à régler, ce n'est pas en le mettant dehors et en détruisant sa case que nous allons le résoudre", a-t-il conclu.
Maintenant, l'idée d'une table ronde devrait faire son chemin, les exploitants demandent une réglementation dérogatoire pour leur domicile principal, ils ont promis de se faire entendre s'il y avait une réelle menace de démolition.



