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La CCIR alerte le préfet sur la fragilité des entreprises réunionnaises

En présence du préfet Jérôme Filippini, l'assemblée générale portant sur le volet stratégique de la CCIR a laissé transparaître la vive inquiétude des élus de la chambre sur la situation économique dans l'île.

Ecrit par Thierry Lauret – le samedi 07 octobre 2023 à 09H16
Pierrick Robert et Jérôme Filippini à l'assemblée générale de la CCIR.

Ce devait être une formalité. Mais l’assemblée générale portant sur la présentation de la stratégie régionale de la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion (CCIR) a donné lieu à quelques surprises, à commencer par le vote à l’unanimité des élus d’une « motion de soutien aux entreprises en difficulté », puis le refus de ces mêmes élus, dont le premier d’entre eux, Pierrick Robert, de signer avec le préfet Jérôme Filippini le contrat d’objectifs et de performance qui figurait pourtant à l’ordre du jour.

Jérôme Filippini n’a pas semblé surpris ni offusqué par cette décision, visiblement discutée en amont et motivée par les arbitrages encore en cours sur les dotations accordées à la CCIR dans la prochaine Loi de finances.

« Pas l’alerte rouge« 

Le préfet ne s’est pas prononcé sur les doléances des élus, énoncées en ouverture de séance dans une motion lue par Fabrice Marouvin, et réclamant notamment « un moratoire sur les actions de recouvrement actuellement réalisées par les organismes sociaux et fiscaux » et « un allongement de 36 à 60 mois des plans d’apurement des dettes sociales et fiscales ».

Le représentant de l’État s’est voulu beaucoup moins alarmiste que les élus de la CCIR. « Les indicateurs socioéconomiques méritent des points d’attention. Je ne dirais pas que c’est l’alerte rouge, mais nous captons depuis des mois des signaux faibles, et puis un peu moins faibles, de peut-être d’inversion de tendances. Peut-être faut-il se dire que si la tendance s’inverse, c’est qu’elle n’avait pas été si mauvaise que cela ces dernières années », a tempéré Jérôme Filippini.

Face aux récriminations sur la baisse de la commande publique, le préfet a souligné que la Ligne budgétaire unique (LBU) sera « maintenue et même augmentée », avant de se défendre sur un autre sujet de discorde, le soutien financier accordé par l’Etat au rachat de la compagnie Air Austral.

Le sauvetage d’Air Austral pointé du doigt

« Quand on soutient des entreprises, cela peut créer des frustrations de la part des entreprises qui n’en ont pas reçu. Mais si l’État n’avait pas procédé au sauvetage d’une grande entreprise aérienne, ce ne sont pas simplement 700 emplois qui auraient disparu, mais c’est aussi tout l’écosystème autour : 3.000 emplois et un bon nombre de vos entreprises qui travaillent pour cette compagnie aérienne. De la même façon, si l’État n’était pas intervenu pour éviter le naufrage de quatre grandes surfaces, ce sont 700 ou 800 salariés qui auraient été au chômage et autour, près de 3.000 emplois là encore, auraient risqué de disparaître », a avancé Jérôme Filippini.

Des propos qui ont fait réagir Théophane Narayanin, « le doyen des élus des chambres de commerce en France », qui a regretté, lui l’ancien « plus gros petit actionnaire d’Air Austral » qui a « perdu beaucoup d’argent » dans l’entreprise, que l’État soutienne la compagnie aérienne sans lui demander de contrepartie, notamment sur les tarifs des billets d’avion.

Le chef d’entreprise installé à Mayotte a en outre plaidé pour la création d’une compagnie maritime régionale afin de réduire le coût du fret. « Quand on voit, en pleine crise, les compagnies maritimes qui se font de l’or sur le dos des usagers, alors que nous sommes en rupture de charge et que nous n’avons pas assez de bateaux pour transporter notre matériel dans la zone, cela pose un véritable problème mathématique », s’est plaint « Guito » Narayanin.

Pour mémoire, c’est le géant français du transport maritime CMA-CGM, réputé proche du gouvernement, qui a acheminé gratuitement récemment 600.000 litres d’eau en provenance de La Réunion pour venir en aide aux habitants de Mayotte.

Thèmes : CCIR
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Jean
4 mois il y a

Dur de payer les charges sociales et fiscales
Facile de se payer des SUV allemands avec des malus écologiques incroyables

bob
4 mois il y a

C’est sur qu’avec un président ripoux a la téte de la CCIR celle ci est trés fragile !!!

Zangoune
4 mois il y a

Un plan d’apurement pour la dette mais les charges actuelles sont payées ou pas? Donc, dans un an, on demande également un plan d’apurement et c’est parti d’année en année dans un système de cavalerie. A la fin, personne ne paie rien mais certains se présentent même aux législatives à Mayotte.

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